(1887)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Jean Macquart travaille dans une ferme dans la Beauce et il souhaiterait se marier avec la jeune Françoise. Buteau, le beau-frère de Françoise, va tout faire pour l’empêcher, car ce mariage impliquerait un partage de la terre.
C’est bien atroce tout ça ! :
‘La Terre’ est le quinzième volume de la série des Rougon-Macquart, et c’est dans doute le plus osé.
Encore plus controversé que d’habitude chez Zola, la réception de ce roman cria fort au scandale. Même il avait été suggéré par plusieurs écrivains de l’époque, que Zola devrait consulter un médecin pour essayer de soigner ses penchants morbides. Tout d’abord les paysans (La Beauce en est la référence) sont dépeints comme des êtres atroces, presque primitifs, guidés par la cupidité et l’égoïsme le plus basiques. C’est d’un réalisme presque grotesque.
Mais surtout il faut souligner le caractère extrêmement explicite de certaines séquences à caractère sexuel. En effet, il y a des scènes décrites avec tout luxe de détail, parfois frôlant clairement la bestialité. C’est vraiment incroyable que ce livre ait été publié en 1887. J’ai du mal à trouver un autre livre de grande tirade au XIXe siècle, au contenu aussi osé que celui-là. Le viol et la possession vont de la main dans ce roman choquant et, malgré quelques exagérations, d’une véracité décapante. Si vous aimez le Zola scabreux, ce roman va vous ravir.
Il n’y a pas des personnages principaux proprement dits, si c’est n’est pas, peut-être la famille Fouan. Les personnages, autant les hommes que les femmes, sont très habilement bien décrits, parfois un paragraphe lui suffit à Zola pour qu’on ait déjà le personnage vivant devant nos yeux. Comme d’habitude chez lui, pas de manichéisme, tous les personnages ont des vertus et des failles, même si dans ce roman il y a clairement un penchant pour le deuxième côté.
La terre, le paysage de la Beauce, est un personnage à part entière. En fait, elle est LE personnage principal. Selon Zola lui-même : « La Terre. C’est l’héroïne de mon livre ». Les personnages vont s’attacher à elle plus qu’au aucun être humain qui les entoure. Les familles vont se déchirer par la possession de la terre. Les fils vont trahir leurs parents pour cumuler plus et meilleures terres. Les hommes vont la cultiver presque comme s’ils fécondaient une femme. Faire germer la terre devient plus important qu’engendrer un enfant. À ce sujet, le roman est parsemé de milliers des métaphores qui vont nous associer l’agriculture avec de la procréation. Un exemple : « -Pas d’enfant…ôte-toi… Il fit un saut brusque, et cette semence humaine, ainsi détournée et perdue, tomba dans le blé mûr sur la terre, qui, elle, ne se refuse jamais, le flanc ouvert à tous les germes, éternellement féconde. »
C’est cru, c’est brutal, c’est ignoble, c’est abject, c’est du grand Zola.
Citation :
« … mais elle se fout de toi, la terre ! Tu es son esclave, elle te prend ton plaisir, tes forces, ta vie, imbécile ! et elle ne te fait seulement pas riche !»








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