(Die spät bezahlte Schuld, 1951)
Traduction : Isabelle Kalinowski et Nicole Taubes. Langue d’origine : Allemand
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte cette nouvelle :
Lors d’une longue lettre à son amie d’enfance Ellen, perdue de vue depuis des années, Margaret explique un événement inattendu que lui est arrivé lors d’un séjour de repos au Tyrol. Dans une auberge montagnarde elle rencontre un vieil homme désœuvré qui raconte sa vie et son passé glorieux à qui veut l’entendre, mais personne ne l’écoute et tout le monde se débarrasse de lui sans aucun respect. Rejeté par tout le monde, les vieux jours de l’inconnu semblent tristes et solitaires, bière à la main et victime de toutes les railleries. Margaret découvre que le vieillard est un homme qui avait marqué elle et son ancienne copine lorsqu’elles étaient des très jeunes filles.
On était ses plus grandes fans :
Dans la plupart de l’œuvre de Zweig un dispositif narratif qui se déroule dans le présent ouvre la porte vers une narration dans le passé. Comme dans ‘Lettre d’une inconnue’, novella avec laquelle ‘La vieille dette’ garde plusieurs similarités, ici le procédé sera une lettre, dans laquelle Margaret raconte un évènement déjà passé. Mais lors de sa narration épistolaire à la première personne, elle va aussi évoquer un passé plus lointain, lors que les deux femmes (celle qui écrit et celle qui lit) étaient jeunes filles naïves. Margaret va ainsi dévoiler une partie secrète qu’elle avait gardé tous ces années.
Les sujets chers à Zweig font aussi son apparition : La solitude de la vieillesse, la transformation de l’humain par un évènement très ponctuel et insignifiant, la nostalgie d’un passé qui semble plus lumineux. Mélangeant comme à son habitude le dérisoire avec le profond, les moments absolument banales avec d’autres de grande émotion, Zweig maîtrise et dose les éléments qui font avancer la narration jusqu’à un dénouement surprenant mais touchant.
Publié posthumement en 1951, la version française de ‘La vieille dette’ fut incluse dans le recueil ‘Wondrak’, mais la traduction plus récente est celle qui accompagne la nouvelle ‘Découverte inopinée d’un vrai métier’. Pleine de tendresse, ‘La vieille dette’ est une nouvelle simple et très épurée, avec l’efficacité narrative, l’introspection psychologique et la fluidité caractéristiques de l’écrivain autrichien. Belle et magnifique surprise.
Citation :
« Aujourd’hui qu’on est devenu personnes adultes, donc raisonnées, on trouve peut-être facile d’offrir un sourire narquois face à des telles velléités, comme devant une passion totalement banale chez une jeune adolescente. »








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