(Den lykkelige alder, 1908)
Traduction: Victor Vinde, Georges Sautreau, J. Jouquey. Langue d’origine : Norvégien
⭐⭐⭐
Ce que raconte cette novella :
Uni, jeune femme orpheline de 18 ans, rêve de devenir actrice de théâtre et vivre de sa passion. Malgré l’amour qui la relie avec son fiancé Kristian, leurs désaccords sur la façon d’approcher l’avenir vont provoquer des situations tumultueuses dans le jeune couple, notamment quand les premiers succès arriveront. Très indépendante, Uni devra chercher d’abord sa place dans le monde avant de considérer une vie à deux.
Indépendance et vie amoureuse :
Dans ce court roman, une de ses premières œuvres, Undset propose un portrait de femme probablement très inspiré de sa propre expérience. Au début du début du XXe siècle, les choix qui s’offrent à une jeune femme sont restreints, mais Uni rêve de beaucoup plus que ce que la vie peut lui offrir. Le coté rêveur et aérien d’Uni contraste en permanence avec le caractère figé et solide de Kristian. Tandis que son amoureux semble prêt à tout pour faire une vie à deux, Uni priorise sa carrière et son indépendance, ne souhaitant pas s’encombrer d’une relation qui puisse brider son élan.
La conciliation entre le désir de vivre de façon indépendante et les renoncements qui accompagnent l’amour est donc le thème phare du récit. C’est intéressant et bien développé, même si le mécanisme narratif reste par moments un peu opaque et fade, sans qu’on ne sache pas exactement ce que l’autrice voulait raconter. C’est peut-être un souci de traduction. D’ailleurs, le titre originel ‘Den lykkelige alder’, se traduirait plutôt par ‘Les jours heureux’, référence mélancolique à cette jeunesse où tous les futurs semblent possibles et à portée de main, loin encore de la menace de la réalité du quotidien.
Des récits postérieurs, comme la trilogie Kristin Lavransdatter, qui décrivaient la vie des femmes dans le moyen âge propulsèrent Undset dans la scène littéraire international, jusqu’à décerner en 1928 le Prix Nobel de littérature. Une des seules neuf femmes récipiendaires de cette récompense pendant le XXe siècle.
L’édition française de ‘l’âge heureux’ s’accompagne d’une nouvelle plus courte et peut-être plus intéressante, ‘Simonsen’, centrée sur un personnage masculin vieillissant, tiraillé entre la femme qu’il aime malgré son origine plus humble, le manque de perspectives professionnelles qu’il subit, et le délaissement des enfants de son premier mariage.
Citation :
« Je n’ai jamais été amoureuse et je ne peux pas le devenir. Cette longue attente nous rend exigeantes, pas vrai, Uni ? On se crée un idéal fabuleux et, finalement, tout ce que nous offre la vie est insuffisant. Nous sommes irrémédiablement seules, nous nous interrogeons trop, nous fouillons en nous-mêmes, nous rêvons, nous rêvons… »








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