(Nedstörtad ängel, 1985)
Traduction: Marc de Gouvenain, Lena Grumbach. Langue d’origine : Suédois
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Divorcés mais incapables de se quitter complètement, K et sa femme vivent traumatisés par l’idée de rencontrer le garçon qui a assassiné leur fille. En parallèle, le narrateur se reflète dans un homme prisonnier dans la glace, Ruth Berlau n’arrive pas à surmonter sa relation avec Brecht, et puis encore on rencontre Pasqual Piñón, un homme mexicain qui arbore une deuxième tête au-dessus de la sienne, celle de Maria, sa femme qu’il ne pourra jamais embrasser.
Délire avec freaks :
Roman assez hallucinatoire qui mélange multiples histoires, réels ou rêvés, avec des liens de connexion pas vraiment définis. Le récit plane toujours au-dessus de la réalité sans jamais concrétiser ni proposer une ligne narrative claire, ou bien j’ai loupé quelque chose. Cela risque d’être confus pour le lecteur un peu lambda. Malgré ce chaos, petit à petit le roman semble se centrer sur quelques personnages et abandonne petit à petit le ton onirique des débuts, tout en restant assez opaque.
Dans cet ensemble assez chaotique et hétéroclite, se détache l’idée que les déformités chez les hommes seraient des gages d’humanité. Une partie du récit suit ce qu’on appelait ‘monstres’ ou ‘freaks’ dans les spectacles itinérants popularisés dans les années 20 du XXe siècle aux États-Unis, se centrant sur la fascinante figure de Pasqual Piñón, un homme affabulé d’une deuxième tête au-dessus de la sienne, trouvé enchainé au fond d’une grotte, par des croyances superstitieuses qu’y voyaient une entité protectrice.
La narration suit le parcours de Pasqual Piñón et la tête de celle qu’il appellerait sa femme. Une fois libérés, ils reviendront à la vie dans une complexe mais touchante relation. Comme la plupart du roman, les personnages sont inspirés de personnes qui ont vraiment existé, et c’est le cas de Piñón, connu comme ‘le mexicain à deux têtes’. Bien entendu, il plane le doute sur l’authenticité de cette deuxième tête, qui aurait été plutôt une déformation tumorale ou une excroissance qui, une fois maquillée avec de la cire, passait par une deuxième tête. Mais le roman assume totalement cette deuxième tête, en lui donnant une entité à part entière avec le prénom Maria. C’est sans doute la partie la plus intéressante du livre.
C’est perché et étrange, mais cela peut appeler à des lecteurs amateurs d’un style de narration peu conventionnel, mi-réel mi-onirique. À vos risques et périls.
Citation :
« (…) quand j’étais petit, le monde était rempli de monstres. Maintenant ils n’existent plus. »








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