(1979)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Jean, chauffeur de taxi, commence à travailler pour un ancien tailleur juif, Salomon Rubinstein, appelé ‘le roi du pantalon’. Salomon est un vieil homme très généreux qui tient une association bénévole (SOS Bénévole) qui aide les personnes qui ont des problèmes personnels, comme la solitude. Salomon proposera à Jean de racheter les dettes dérivées de son activité avec le taxi pour qu’il puisse travailler pour leur association en faisant des visites à domicile pour les personnes dans le besoin affectif.
Jean fait la connaissance de Cora Lamenaire, ancienne chanteuse, maintenant complètement oubliée. Jean va découvrir que Cora et Salomon ont un passé en commun.
Roman sur l’altruisme :
L’alter ego de Romain Gary, Emile Ajar, crée lors de la sortie de ‘Gros câlin’ cinq ans auparavant, s’est toujours caractérisé pour un rapport plus quotidien avec des gens plus simples, peu sophistiqués, moins bourgeois. Cela permettait à Romain Gary de s’échapper de l’image un peu étriquée d’écrivain intellectuel, qui visiblement lui pesait de plus en plus. Le personnage de Jean, avec son français moins correcte et plus argotique est l’exemple parfait de ce que Gary voulait achever avec ce pseudo.
Au-delà du caractère très vif, cocasse et terre à terre de Jean, la galerie de portraits qui nous offre ici Romain Gary est d’une grande diversité et richesse. Les personnages de Salomon et Cora, nos montrent merveilleusement bien deux faces différentes du même sentiment de dignité, qui leur empêche de dévoiler certains aspects très intimes de leur vécu. Les rapports qui entretiennent ces personnages uniques et émouvants sont teints d’une irrésistible tendresse.
‘L’angoisse du Roi Salomon’ est un très beau roman sur l’altruisme et la générosité, et sur la crainte de ne pas pouvoir accomplir tout ce qu’on voudrait dans le temps qui nous est escompté. Malgré cela, le roman bagne dans un insultant optimisme, assez rare chez Gary. Même avec le ton cynique qu’il peut se développer par moments, la lumière qui se dégage de ces personnages touchants rayonnera sur tout le roman.
Citation :
« Je tiens à vous dire, mes jeunes amis, que je n’ai pas échappé aux nazis pendant quatre ans, à la Gestapo, à la déportation, aux rafles pour le Vél’d’Hiv’, aux chambres à gaz et à l’extermination pour me laisser faire par une quelconque mort dite naturelle de troisième ordre, sous de miteux prétextes physiologiques. Les meilleurs ne sont pas parvenus à m’avoir, alors vous pensez qu’on ne m’aura pas par la routine. Je n’ai pas échappé à l’holocauste pour rien, mes petits amis. J’ai l’intention de vivre vieux, qu’on se le tienne pour dit ! »








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