(De aanslag, 1982)
Traduction : Philippe Noble. . Langue d’origine : Néerlandais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Haarlem, Pays Bas, 1945. Anton Steenwijk a 12 ans lorsqu’un policier qui travaille pour les forces allemandes qui occupent la ville, est tué par un commando de la résistance, dans la rue où il habite. Le cadavre est déplacé par des voisins et finit par se trouver en face de la maison des Steenwijk. Les forces allemandes débarquent, Anton est retenu, tandis que son frère s’échappe. Sans nouvelles de ses parents, le jeune Anton voit comment les allemands prennent feu à leur maison pour venger ce crime que sa famille n’a pas du tout commis.
Avec les années qui passent Anton essaie de refaire sa vie, mais le traumatisme de cette nuit fatale marquera à jamais son existence.
Une nuit qui marquera toute une vie :
‘L’attentat’ est un roman très habilement construit, se déroulant de façon progressive vers le futur d’Anton mais ressassant sans arrêt les évènements de ce soir fatidique de janvier 1945 où sa vie a basculé. Au moment de l’attentat contre le policier collaborateur des nazis devant leur maison, Anton a vu des choses, mais n’a pas tous les éléments pour les analyser. Il continuera à vivre malgré le traumatisme, et c’est à fur et à mesure qu’il tombera, souvent par hasard, sur des personnes qui détiennent des informations partiales sur l’évènement.
Le parti pris de Mulisch et la clé de la brillante structure du roman est que le lecteur prendra le point de vue d’Anton, et apprendra les choses au même temps que lui. Pour le lecteur sera le temps d’un court roman, pour Anton ce sera toute une vie. Ces rencontres, ces témoignages qui éclaircissent davantage les faits, vont se dérouler le long des décennies suivantes, en parallèle avec la vie d’Anton, ses études de médecine, ses amours, son travail, sa famille… Peu importe la réussite d’Anton, le drame fera toujours surface d’une façon ou d’une autre, sans qu’il ne puisse jamais faire complètement le deuil des conséquences de cette nuit dévastatrice.
C’est un roman dramatique sans doute, mais qui a pas mal d’éléments du récit d’enquête, car toutes les pièces du puzzle se dévoileront progressivement jusqu’aux dernières chapitres, élucidant finalement le mystère, et reconstruisant la mémoire collective de l’évènement. Sans spoiler, plus les années passent plus l’enchainement des circonstances qui débouchèrent dans le drame semblera futile, soulignant l’absurde de la guerre, le côté aléatoire du destin, et l’impossibilité de chercher une logique dans la tragédie.
Le récit a un début plutôt confus, ce qui était peut-être l’intention de l’écrivain, pour montrer sans doute la déroute du jeune Anton, et certaines longueurs et moments narratifs moins intéressants peuvent décourager quelques lecteurs. Ce serait dommage car à partir du premier tiers, lors qu’Anton devient adulte, la narration devient beaucoup plus rythmée et émouvante et prendra finalement tout son sens.
Citation :
« (…) nous les haïssons au nom de la lumière tandis qu’eux ne haïssent qu’au nom de l’obscurité. Nous haïssons la haine et c’est pourquoi notre haine vaut mieux que la leur. »








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