(Der schwedische Reiter, 1936)
Traduction : Frédérique Daber. Langue d’origine : Allemand
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Silésie XVIIe siècle. Le voleur Piège-à-poules accompagne le jeune gentilhomme Christian Von Tornefeld, déserteur de l’armée du roi de Suède. Le voleur doit trouver un moyen d’échapper au pénible destin qui l’attend dans une épouvantable mine de fer. Égarés dans la plaine enneigée, Christian envoie le voleur dans la demeure de sa cousine et fiancée, pour lui passer un message et trouver de l’aide. Sauf que en voyant la cousine de Christian le voleur tombe amoureux et décide de prendre sa place.
C’est moi ton fiancé, tu ne t’en souviens pas ? :
‘Le cavalier Suédois’ est une histoire rocambolesque d’usurpation de la personnalité que Perutz écrivit avec élégance et brio narratif. L’univers dans lequel évoluent nos personnages est sombre, presque médiéval, mais l’ensemble ne manque pas d’humour. Le récit se déroule en Silésie, située alors dans le territoire qui occupe maintenant la Pologne, à une époque en que le Roi de Suède Charles XII dominait le nord de l’Europe, et dans sa folie conquérante décida de s’attaquer au tsar russe.
Les personnages sont assez extrêmes et contrastés. Le voleur est louche et n’a pas de remords, tandis que le gentilhomme est très naïf et un peu enfant gâté. Cette schématisation des personnages n’entame pas les enjeux dramatiques car l’ambiguïté moral domine le récit, notamment dès que le voleur Piège-à-poules déploie son stratagème et prend les règnes de la narration. Malgré l’apparente manque d’empathie du personnage protagoniste, le récit rentrera de plus en plus dans sa crise d’identité lorsqu’il sera rattrapé par les démons que lui-même a créé.
Malgré certains rebondissements dans la limite de la crédibilité, ‘Le cavalier suédois’ est une ouvre intéressante et assez singulière, qui se lit très facilement.
Dur mais classe.
Citation :
« – Ma mère pleure, dit l’enfant. Ma mère dit que beaucoup ne reviennent jamais de la guerre. – C’est à cela qu’on reconnaît que la guerre est bonne, repartit le Torcol. Car si elle était mauvaise, tout le monde rentrerait aussitôt. »








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