(1832)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
1807. Le colonel Hyacinthe Chabert est déclaré mort en héros lors de la bataille d’Eylau, laissant toute sa fortune à sa veuve, Rose Chapotel. Elle, croyant son mari mort, se remariera avec le compte Ferraud, un aristocrate qui veut se lancer en politique en pleine Restauration. Sauf que le colonel n’est pas mort, mais a été plutôt enterré vivant lors de la bataille.
1817. 10 années après, et après mille péripéties, le colonel rentre à la maison, dans la misère, méconnaissable et fragile, mais déterminé à récupérer son identité et le prestige de sa vie d’antan. Mais pour sa femme, maintenant comtesse, ce retour la plonge dans une situation impossible.
Retour et perte d’identité :
Le retour d’un personnage qu’on croit mort c’est toujours un sujet intéressant car permet une analyse poussée des personnages, leurs réactions et leurs dilemmes face à la nouvelle situation. C’est surtout le cas pour la veuve de Chabert, qui maintenant appartient à l’aristocratie et mène une vie respectable. Pour elle le retour de son premier mari semble plus un problème qu’une bonne nouvelle. Sa position respectée et sa petite fortune risquent d’être compromises si la situation devient publique.
Rose n’est pas la seule perturbée par le revenant. L’intérêt de certains personnages sera de cacher cette situation, négocier et monnayer le silence de Chabert. Dans ces complexes accords participera le juriste de Chabert, Derville, qui aura une vision pragmatique et froide de l’affaire. Mais Chabert est une âme noble et gentille et toutes ces combines l’écœurent. Le prix à payer pour récupérer son identité sera le mépris et l’ostracisme de la haute société qui l’adulait jadis, à l’époque de l’empire. D’autant plus qu’un colonel de l’armée Napoléonienne qui fait son apparition en pleine Restauration risque de froisser pas mal ce petit monde hypocrite.
Très court roman (presque une novella) des débuts de Balzac, très solide et bien construit. Comme souvent chez Balzac, une âme pure et droite devra survivre entourée d’un monde corrompu et amorale. Lecture plus simple et plus facile que d’autres titres Balzaciens (normalement plus riches en descriptions), ce roman est très accessible, et il peut servir comme à bonne introduction avant d’attaquer d’autres œuvres plus complexes du génie français.
Citation :
« Savez-vous, mon cher, reprit Derville après une pause, qu’il existe dans notre société trois hommes, le Prêtre, Le Médecin et l’Homme de justice, qui ne peuvent pas estimer le monde ? Ils ont des robes noires, peut-être parce qu’ils portent le deuil de toutes les vertus, de toutes les illusions. »








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