(1846)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Marseille 1815. Edmond Dantès, dix-neuf ans, arrive à Marseille en bateau, avec l’intention de se marier avec la belle catalane Mercédès. Accusé de conspiration bonapartiste par des amis jaloux de son succès, Edmond et enfermé dans l’île-prison du château d’If, dans la baie de Marseille. Sans contacte extérieur, Edmond Dantès passera une quatorzaine d’années à se morfondre dans la solitude et machiner sa revanche. Un tunnel de fortune, excavé patiemment dans la roche, lui permettra de rejoindre la cellule de l’abbé Faria avec qui il préparera sa fuite.
Histoire d’une vengeance :
Probablement un des romans français le plus lu et apprécié à l’international par les amateurs de la littérature classique, avec la permission de ‘Les Misérables’ de Victor Hugo, ou ‘Le petit Prince’ de Saint-Exupéry. C’est sans doute un roman d’aventures grandiose, doté d’une vigueur exceptionnelle, plein de rebondissements, des personnages marquants, de mystères fascinants, des passions déchainées, des histoires rocambolesques, et de l’émotion tout plein.
Mais pour beaucoup de lecteurs toute cette fascination va se concentrer dans la première partie du roman, notamment l’incroyable histoire de l’emprisonnement de Dantès, sa fuite, son enrichissement personnel grâce au trésor de Monte-Cristo, et le refroidissement progressif de son caractère. La deuxième partie du roman, centré de façon obsessionnelle sur sa quête de vengeance contre tous ceux qui l’ont mené en prison, est dynamique et intéressante mais beaucoup plus unidimensionnelle. Les personnages s’effacent pour laisser place complètement à l’intrigue, qui devient le moteur presque unique du livre.
Edmond Dantès exécute d’une main de fer sa terrible vengeance, mais en parallèle n’hésite pas à faire bénéficier de la bonne fortune ses amis et ceux qu’il trouve méritants. Toute la deuxième partie du roman peut ainsi se résumer dans cette citation : « Et maintenant, dit l’homme inconnu, adieu bonté, humanité, reconnaissance… Adieu à tous les sentiments qui épanouissent le cœur !… Je me suis substitué à la Providence pour récompenser les bons… que le Dieu vengeur me cède sa place pour punir les méchants ! »
Malgré ce déséquilibre dans la structure, ‘Le comte de Monte-Cristo’ inclut quand même certaines des plus belles pages de la littérature universelle, notamment du genre de roman d’aventures. Personnellement dans l’œuvre de Dumas, je lui préfère ‘La reine Margot’, par la complexité des personnages, la profondeur des sujets et la subtilité du développement narratif, mais ‘Le comte de Monte-Cristo’ est écrit avec cette prose puissante et envoutante caractéristique de Dumas, et la lecture de ce pavé, classique incontestable de la littérature française, se fait avec une facilité déconcertante.
Lors de votre visite à Marseille (ville que j’ai habité pendant quelques années), vous pouvez accéder facilement au château d’If en face de la ville, lors d’un bref trajet en bateau depuis le port. Des cellules adjacentes ont été baptisées avec les noms d’Edmond Dantès et de l’abbé Faria, et un étroit tunnel les relie, pour évoquer ces pages inoubliables de l’histoire de la littérature française.
Citation :
« Il n’y a ni bonheur, ni malheur en ce monde. Celui-là seul qui a éprouvé l’extrême infortune est apte à ressentir l’extrême félicité. Il faut avoir voulu mourir, pour savoir combien il est bon de vivre. »








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