(1829)
Langue d’origine : Français
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
C’est le journal d’un condamné à mort, qui condense les dernières vingt-quatre heures de sa vie avant son exécution. Il consigne des épisodes de sa vie précédente, puis de ces dernières semaines, après le procès, avec tout son lot de souffrances, ses espoirs déchus, avec l’angoisse de l’échéance finale toujours à l’horizon.
Plaidoyer contre la peine de mort :
Ce roman à thèse se veut comme un plaidoyer non déguisé et très politique, avec un objectif précis : Montrer l’inhumanité de la peine de mort et dénaturaliser la pratique des exécutions de condamnés sur les places publiques. Victor Hugo, eut le besoin d’écrire ce témoignage poignant, après une promenade sur la place de l’Hôtel de Ville, où il avait vu la guillotine en train d’être préparée pour le ‘spectacle’ du soir. Horrifié par l’ignoble et l’horreur, et l’absurde de punir un crime d’assassinat avec le même crime, Hugo attaque l’écriture de ce court roman le soir même et il le finit rapidement en quelques semaines. Publié initialement sans le nom de l’auteur, Hugo en signa la création trois ans plus tard dans une nouvelle édition du livre.
Malgré ce long monologue intérieur guidé par ses états d’âme fébriles, on ne connaitra absolument rien de cet homme condamné, ni son nom, ni les raisons qui lui ont mené là (excepté : « moi, misérable qui ai commis un véritable crime, qui ai versé du sang ! »). Son éditeur Charles Gosselin insista pour que Hugo attribue une personnalité et un passé au personnage central, avec l’idée que le lecteur puisse avoir davantage d’empathie avec le protagoniste, mais le parti-pris de Hugo était tranché : C’est un témoignage brut et décharné, sans fioritures : Le lecteur doit se confronter à un homme inconnu et sa mort, rien de plus, rien de moins.
Le résultat est un récit poignant et un réquisitoire ultra efficace contre la peine de mort, mais qui, littérairement parlant m’a complètement laissé sur ma faim. Autre « La peine de mort c’est mal », je ne trouve pas une grande profondeur dans le récit, et je le trouve un peu daté. Les trouvailles stylistiques et le langage sont brillants, comme d’habitude chez le jeune écrivain (27 ans au moment de l’écriture du livre), et sans doute à l’époque il dut marquer positivement les esprits, mais je ne peux pas m’empêcher de regretter que Hugo n’ait pas écouté la requête de son éditeur, et qu’on aille au-delà du manifeste.
Témoignage à valeur incalculable sur le sujet évoqué à ce moment historique, et malheureusement toujours d’actualité dans plein des pays du monde, mais qui ne va pas plus loin de la thèse que le roman veut souligner. Hugo combattra sans relâche le reste de sa vie pour l’abolition de la peine de mort.
Citation :
« Je pense, ai-je répondu, que je ne penserai plus ce soir. »








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