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Littérature Europe Danemark Karen Blixen (Isak Dinesen) Le dîner de Babette

Le dîner de Babette

Karen Blixen (Isak Dinesen)

(Babettes Gæstebud, 1958)
Traduction : Marthe Metzger. Langue d’origine : Danois
⭐⭐⭐⭐

Ce que raconte cette novella :

Norvège, XIXe siècle. Martine et Philippa sont deux dames, filles d’un pasteur luthérien, qui règnent dans la société de ce petit village. Les vielles femmes, éternelles célibataires, accueillent comme domestique Babette, une cuisinière française rescapée de la guerre civile française. Pendant 15 ans, Babette saura s’adapter à la vie austère et sans fastes de cette contrée du nord de l’Europe. Mais un jour elle va demander aux deux dames la permission de préparer un seul et unique grand repas dans la grande tradition française, payé avec l’argent qu’elle a gagné à la loterie. Le festin deviendra un vrai évènement, et mettra cette petite société face à ses contradictions.

Délicieux :

Fabuleuse novella avec lecture sociologique profonde. Au menu : Choc de cultures, la tyrannie des religions, le respect des traditions, l’emprise des hommes sur les femmes et, en dernière instance, la puissance de l’Art (Art culinaire dans ce cas-ci) pour transformer les gens.

Petit à petit, ce repas, autant dans son organisation et l’anticipation comme dans le festin lui-même, va mettre en avant tous les petits secrets cachés pendant des années. Des vies soumises aux dictats et aux mœurs de la communauté, vont contraster avec le simple plaisir d’un repas. La question va se poser : Si un tel plaisir n’est pas interdit, on aurait mal fait de se laisser tout interdire dans nos vies ?

Avec un mécanisme littéraire d’une finesse et une précision remarquable, Blixen nous présente un portrait profond des personnages attachants, victimes des traditions et mœurs pudibonds, qui découvrent l’univers inconnu et flamboyant de Babette, personnage sobre, discret et mystérieux. Mais le vrai personnage est en réalité ce fastueux repas, symbole du l’Art capable de transcender et transformer les individus.

Lue deux fois, à deux décades d’intervalle, cette petite novella est à lire et à relire. Il est aussi très beau et intéressant le film réalisé par Gabriel Axel et sorti en 1987, qui arriva jusqu’à gagner l’Oscar du meilleur film de langue non anglaise.


Citation :

« Les vaines illusions s’étaient dissipées devant leurs yeux comme de la fumée, et ils avaient aperçu la véritable face du monde. Ils vivaient une heure de l’éternité. »

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