(1913)
Langue d’origine : Français
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
François Seurel, notre narrateur, est un adolescent calme et effacé de 15 ans, fils de l’instituteur de l’école. Un nouvel élève, Augustin Meaulnes, de 17 ans, arrive à l’école en tant que pensionnaire à temps complet. Le ténébreux Agustin partagera la chambre de François dans l’établissement scolaire, l’entrainant dans ses aventures. Peu avant Noël, Agustin découvre un château abandonné dans lequel se déroulait une fête mystérieuse, où il a connu le jeune Frantz et sa sœur Yvonne, dont il est tombé amoureux. Pendant des mois, Agustin souhaite absolument retrouver le château et demande l’aide à François. Bientôt la vie rangée du jeune garçon va être complètement chamboulée par le grand Meaulnes et ses mystères fascinants.
Voyage initiatique à l’intérieur de soi-même :
C’est un roman complexe, envoutant, qui mélange le romantisme avec un certain air onirique pas facile d’appréhender pour le lecteur. Car cette étrange histoire d’amour, d’amitié et de mystère tourne autour du rite initiatique de l’adolescence, du passage à l’âge adulte, mais le parti pris est assez symbolique et opaque, donc la narration va rester beaucoup plus souvent dans la suggestion que dans le concret.
La façon de traiter les méandres sentimentaux et les angoisses de l’adolescence donne à ce roman un petit air d’Herman Hesse, écrivain germano-suisse qui écrivit plus au moins à la même époque que Fournier. D’ailleurs le roman ‘Demian’, écrit par Hesse quelques années après la publication de ‘Le grand Meaulnes’, partage un bon nombre d’éléments narratifs, notamment l’arrivée d’un garçon plus âgé qui fascine complètement le plus jeune adolescent. Pareil que pour l’œuvre du Prix Nobel, ‘Le grand Meaulnes’ a fasciné aussi des générations d’adolescents, attirés par cette ambivalence étrange et raffinée, ainsi comme par le destin funesté de son auteur, mort en combat lors de la première guerre mondiale, à tout juste 27 ans.
Devant ce classique singulier, deux options s’offrent au lecteur : Lâcher prise et se laissez embarquer sans destination claire dans la narration, ou bien essayer de s’accrocher aux faits et au concret, auquel cas il y a fortes chances que vous soyez vite déçus, et vous trouvez cela boring. Personnellement j’ai besoin d’une deuxième lecture pour me décider.
Citation :
« (…) comme nous étions persuadés, tous les deux, que le bonheur était proche, et qu’il allait suffire de se mettre en chemin pour l’atteindre ! »








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