(1951)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
1832. Le hussard Angelo Pardi, jeune colonel italien s’est enfuit du Piémont après avoir tué un officier autrichien dans un duel, et traverse la frontière française jusqu’à se rendre en Provence. Angelo recherche son ami Giuseppe à Manosque, mais toute la région est en proie à une épidémie du choléra. Angelo sera pris par celui qui empoisonne les fontaines et devra se réfugier dans le toit de la ville. Une nuit, pendant une de ses expéditions à la recherche de la nourriture dans les maisons abandonnées, il connaîtra Pauline. La jeune femme l’accueille chez elle malgré le climat de méfiance générale.
L’amour et la haine aux temps du choléra :
Roman d’aventures avec fond de réflexion sur la misère de l’être humain. On est chez Giono, donc attendez-vous à son puissant lyrisme, mais aussi à un contenu dense. On n’est pas du tout dans les paysages idylliques de Manosque et la Provence tel qu’on peut les rêver aujourd’hui. Le pays est ravagé autant par la maladie que par la haine de l’autre. C’est dans ce contexte sombre que notre héros survivra dans son exile aux toits de la ville, et c’est cette perspective en auteur la clé de ce que Giono veut nous montrer sur l’être humain et sa petitesse.
Par la suite le livre va se tourner dans une espèce de road trip pédestre, avec nos héros qui s’enfuient parmi les ruines de ce pays encerclé par l’armée, en proie au choléra et à la violence, avec la civilisation en chute livre. Malgré la noirceur des rapports humains décrits dans le livre, Giono nous offre des moments de lumière, qui donnent de l’espoir et un puissant souffle humaniste à ce roman évocateur.
Rien à dire sur la beauté des mots et le lyrisme de son style, mais le récit traine un peu dans sa partie centrale, truffé des longues descriptions, et des redondances dans la symptomatologie de la maladie. Aussi, le roman devient excessivement philosophique par moments, oubliant peut-être volontairement le côté romanesque et d’aventure du roman. Donc, comme d’habitude, Giono, parfois ardu et souvent cryptique, ne sera pas pour tout le monde et certains peuvent être déçus.
Le livre fut adapté brillamment au cinéma par Jean Paul Rappeneau, même si mettait l’épopée romantique de Angelo et Pauline dans l’axe central de l’œuvre. Giono avait mis l’amour plutôt dans un arrière plain, et articulé son roman autour du choléra et du pouvoir déshumanisant de l’épidémie.
Citation :
« La haine n’est pas le contraire de l’amour ; c’est l’égoïsme qui s’oppose à l’amour, ou plus exactement, monsieur, un sentiment dont vous entendrez désormais beaucoup parler en bien et en mal : l’esprit de conservation. »








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