(1900)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Célestine est domestique chez les Lanlaire, une famille de bourgeois qui habite Normandie. À travers ses souvenirs des moments passés et présents, son récit jettera un regard acéré et impitoyable su ce pathétique monde bourgeois, en constatant une fois après l’autre que, sous les apparences, il n’y a que de la pourriture morale.
L’envers du décor :
Récit non linéaire très bien ficelé, dans lequel les souvenirs de Célestine vont se mélanger dans un savant désordre, composant un portrait caléidoscopique des mœurs de la société bourgeoise pour laquelle elle a travaillé tous ces années. C’est un compte rendu implacable, rempli de vitriol, d’écœurement et d’indifférence. À travers le journal de Célestine, on prend conscience du côté sordide de la société et le peu de rédemption possible. La totale Mirbeau quoi.
Le roman, malgré ce ton sombre et dépressif, ne manque pas d’une certaine touche d’humour, apporté par le ton ironique de Célestine, domestique à forte personnalité, pincée et hautaine, blasée après toute une existence à servir des gens ignobles.
Le portrait de l’envers de cette société de classes, le style dépuré de Mirbeau, la subjectivité du récit produit par sa narratrice, le côté non linéaire du récit et le charme indéniable du personnage central font de ce roman un incontournable du changement de siècle. Probablement le meilleur Mirbeau.
Citations :
« Si infâmes que soient les canailles, ils ne le sont jamais autant que les honnêtes gens. »
« La solitude ce n’est pas de vivre seule, c’est de vivre chez les autres. »








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