Littérature des 5 continents : EspagneEurope

Le labyrinthe aux olives

Eduardo Mendoza

(El Laberinto de las aceitunas, 1982)
Traduction : Anabel Herbout, Edgardo Cozarinsky.   . Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Notre détective anonyme est commandité par le chef police Flores de remettre une mallette remplie des billets à une dame. Mais il se fait droguer, puis voler dès la première nuit à Madrid et au réveil il remarque que dans son lit il y a un employé de l’hôtel, mort.

La délirante série du détective anonyme 2 :

Parodiant le roman policier, tous les volumes de la série ont le même protagoniste, jamais nommé, mené toujours presque par hasard et malgré lui, à résoudre des crimes souvent farfelus, en traversant des situations rocambolesques qui frisent le burlesque, dans des comédies à l’humour décapante. C’est frais et drôle, cela m’a fait éclater de rire tout seul dans mon coin à multiples reprises.

Malgré présenter beaucoup de personnages de la marge et l’ambiance canaille de Barcelone, le langage de Mendoza est plutôt riche et très relevé, remplit de synonymes, cultismes et modismes espagnols tarabiscotés, ce qui contraste énormément et enrichit l’œuvre. La série est peuplée par toute une panoplie de personnages hauts en couleurs, absurdes, décalés, déjantés et absolument délirants, qui appartiennent à toutes les espèces imaginables, composant un caléidoscope effervescent de la société catalane du post franquisme et au-delà.

Très souvent à la limite du politiquement correcte, l’humour touche sujets sensibles comme le racisme, le sexisme et l’homophobie de façon désinvolte mais sans mépris aucun et toujours avec brillance et classe. Jusqu’à présent la série est composé de 5 titres :

1979 Le Mystère de la crypte ensorcelée (El Misterio de la cripta embrujada)

1982 Le Labyrinthe aux olives (El Laberinto de las aceitunas)

2001 L’Artiste des dames (La Aventura del tocador de señoras)

2012 La Grande Embrouille (El enredo de la bolsa y la vida)

2015 Les Égarements de mademoiselle Baxter (El secreto de la modelo extraviada)


Citation :

« M. Plutarquet m’offrit ses chaussures mais elles étaient trop petites. D’ailleurs, comme mes chaussettes étaient noires, je me dis que personne ne remarquerait l’absence de chaussures. Je pris la mallette et consacrai quelques instants à rêver que j’étais un employé partant de chez lui pour aller à la banque contribuer au bien-être de la nation. Quel dommage, dis-je en mon for intérieur, que les circonstances m’aient été contraires ! Car il faut reconnaître que j’ai fière allure. »

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