(2016)
Langue d’origine : Français
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Lors d’un séjour en Bretagne, une jeune éditrice et son petit ami font un tour dans une bibliothèque de Crozon, ou le bibliothécaire a consacré une pièce à des manuscrits refusés par les éditeurs. Par hasard elle tombe sur le livre ‘Les Dernières Heures d’une histoire d’amour’, signé Henri Pick, qu’elle lit d’un trait. Subjuguée, elle décide de le publier, et il devient un succès de ventes et critique. Le mystère entoure son auteur, Henri Pick, un homme sans histoire décédé quelques années auparavant qui tenait la pizzéria du coin. Sa fille refuse de croire que son père ait pu écrire quoi que ce soit, et encore moins une grande ouvre littéraire.
Le critique littéraire Jean-Michel Rouche se propose de déceler le mystère, avec l’aide de la fille de Pick.
Encore une enquête littéraire :
Transférer les codes de l’enquête policière au mystère littéraire est bien sûr un dispositif narratif qui a fasciné plusieurs auteurs depuis des années, et a donné des œuvres de considérable envergure, comme ‘L’ombre du vent’ de Carlos Ruiz Zafón, ou ‘La plus secrète mémoire des hommes’ de Mohamed Mbougar Sarr, mais aussi des romans plus faciles comme ‘J’en fais mon affaire’ de Mario Levrero ou ‘La vérité sur l’affaire Harry Quebert’ de Joel Dicker. Il faut reconnaitre que le sujet s’y prête et ici, dans ‘Le mystère Henri Pick’, ce départ énigmatique dans cette étrange bibliothèque consacré au manuscrits oubliés, avait tout pour réussir et envouter le lecteur.
Or, après le premier tiers, quand l’enquête s’épaissit, et les rebondissements commencent à s’empiler, le roman tourne vite à plat et perd son souffle. Une multitude de personnages apparaissent sans qu’on arrive à approfondir vraiment dans leurs vies, au point qu’au milieu de la lecture je m’étais demandé si cette banalité pouvait être finalement le sujet ultime du roman. Une petite radiographie de la médiocrité campagnarde semble donc se dessiner, mais très vite on comprend que l’auteur ne veut pas creuser plus. L’intrigue prends le dessus de toute considération littéraire, ce qui est dommage car on peut facilement anticiper ce qui va arriver, les personnages manquent cruellement de relief, et les dialogues sonnent creux.
La prose est agréable et fluide, même si on sent un peu de facilité dans les aphorismes et l’utilisation des métaphores (« Progressivement, on l’oublierait ; il deviendrait un nom qu’on a sur le bout de la langue », « Aucun drame ne l’avait jamais fait sortir du monde des yeux secs »). Cela se lit aisément, mais vraiment sans plus.
Une adaptation cinématographique réalisée par Rémi Bezançon est sortie en 2019 avec Camille Cottin et Fabrice Lucchini dans les rôles principaux.
Citation :
« Mais que pouvait-il espérer maintenant que la réalité avait habillé son rêve d’un vêtement misérable ? »








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