(1943)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce conte philosophique :
Suite à une panne de moteur, un aviateur (le narrateur, probablement Saint-Exupéry lui-même) doit atterrir d’urgence dans le désert et essayer de réparer son avion. Le lendemain il est réveillé par un garçon à l’âme pure qui lui demande de dessiner un mouton pour lui.
Au fil des jours, le narrateur découvre l’histoire du petit prince. Originaire du minuscule astéroïde B612, il passait son temps à ramoner son volcan et à déplacer sa chaise pour profiter des multiples couchers du soleil. Après la naissance d’une rose, le petit prince en devient amoureux, mais tout comme sa rose, le jeune garçon découvre que l’amour a ses épines. Il décide de partir à la découverte de l’espace et ses milliers d’étoiles.
On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux :
‘Le petit prince’ fut publié en 1943 à New York en version française et anglaise de façon simultanée, un an avant la mort de l’auteur dans un tragique accident d’aviation. En France, Gallimard ne publiera le roman que deux ans après sa mort, en 1946. La plupart des éditions du livre incluent les très connues aquarelles de l’écrivain. C’est le roman le plus traduit au monde (Plus de 500 langues et dialectes visiblement !), seulement dépassé par la Bible et le Coran. Avec la permission de ‘Les Misérables’ de Victor Hugo, ou ‘Le comte de Monte-Cristo’ de Dumas, ce classique incontestable est un des livres français le plus lus et appréciés à l’international.
Avec un style plus simple et épuré que à l’habitude de son auteur, et camouflé sous la forme d’un conte pour enfants, ‘Le petit prince’ est en réalité une œuvre poétique à la portée philosophique marquée. Justement avec cette approche naïve qui se dérive de l’ingénuité du personnage principale, le récit permet de réfléchir sur la véritable valeur des choses et le sens de l’amitié. Chaque chapitre décrit une nouvelle rencontre du petit prince avec quelqu’un qui va le surprendre, soulignant l’absurde du monde des ‘grandes personnes’.
En tout cas, je n’en suis pas sûr que je recommanderais la lecture de ce livre aux enfants, il ne me semble pas forcement adapté, malgré ce que l’on puisse penser. Le destinataire est clairement l’adulte, et la volonté est de l’inviter à trouver l’enfant qui sommeille dans son intérieur. Une autre chose sont tous les produits audiovisuels et théâtraux qui en sont dérivés, qui déclinent très souvent la narration dans un style plus ‘apprivoisable’ pour les enfants.
Ce n’est pas un avis très répandu, mais l’engouement totale autour de cette œuvre me laisse perplexe. Je trouve ce livre très bon, mais beaucoup trop redondant, rempli des métaphores un peu trop simplistes, manquant cruellement de personnages féminins, et en général pas aussi profond qu’il n’en a l’air. Côté narratif, le mécanisme de la perplexité du petit prince devant les absurdités de ce monde se répète un nombre incalculable de fois et devient lassant. C’est quand même un très bon livre avec des personnages uniques et des réflexions intéressantes, mais je préférerais sans la moindre hésitation d’autres œuvres de l’auteur, notamment le fascinant ‘Vol de nuit’.
Citations :
« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »
« Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »
« Bien sûr je te ferai mal. Bien sûr tu me feras mal. Bien sûr nous aurons mal. Mais ça, c’est la condition de l’existence. Se faire printemps, c’est prendre le risque de l’hiver. Se faire présent, c’est prendre le risque de l’absence… C’est à mon risque de peine que je connais ma joie. »








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