(Il tempo invecchia in fretta, 2009)
Traduction : Bernard Comment. Langue d’origine : Italien
⭐⭐
Ce que raconte ce recueil de nouvelles :
Recueil de neuf nouvelles écrites par Tabucchi trois années avant de sa mort à Lisbonne (2012). Dans un complexe jeu de la mémoire, les protagonistes de ces histoires souvent trainent les valises d’un passé complexe. Les nouvelles nous approchent des êtres humains qui ont déjà vécu et dont leur vie est souvent déjà derrière eux.
Nouvelles crépusculaires :
Le passage du temps est le sujet central de ces 9 nouvelles. Elles sont racontées dans un style recherché et parfois ardu marqué par l’absence presque totale de dialogues bien différenciés et des points à la ligne. Cela donne des longs paragraphes remplis de digressions et des dialogues rapportés, sans guillemets ni tirets. Du fait de ce style un peu alambiqué, des récits plutôt simples peuvent devenir lourds et difficiles à lire. Les histoires sont sans doute intéressantes, mais l’ensemble est un peu indigeste.
J’ai trouvé quand même deux belles histoires, ‘Nuages’ et ‘Entre généraux’ :
Dans ‘Nuages’ on oublie exceptionnellement ces longs paragraphes, la narration se fait presque exclusivement avec des vrais dialogues. Dans une plage, une très jeune fille rencontre et parle avec un homme de quarante-cinq ans, qui semble malade et fait une sorte de traitement médicale, possiblement une chimiothérapie. Les fans de J. D. Salinger trouveront réminiscences, autant dans le ton que dans la thématique, de sa fabuleuse nouvelle ‘Un jour rêvé pour le poisson-banane’ (1948).
‘Entre généraux’ propose une réflexion assez lucide de la futilité des choses, quand on les voit avec la perspective du temps : Laszlo, un général Hongrois dégradé après la rébellion contre l’invasion russe, est réhabilité beaucoup d’années plus tard après la chute du mur. Le général hongrois maintenant un vieil homme à la retraite, souhaite rencontrer Dimitri, le général de l’armée russe à qui jadis il s’opposa.
Citation :
« (…) l’inévitable n’arrive jamais, l’imprévu toujours »








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