(1963)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte cette série de deux romans :
‘Jean de Florette’ : Le paysan César, dit ‘le Papet’, et son neveu Ugolin souhaitent acheter la propriété du voisin, Pique-Boufigue, très fertile et dote d’une bonne source. Les négociations se passent mal et la dispute finit en la mort de Pique-Boufigue. Le Papet et Ugolin bouchent la source et abîment la maison dans l’espoir de la racheter à bas prix à l’héritier.
L’héritier Jean de Florette, est le neveu de Pique Boufigue, et il n’a pas du tout l’intention de vendre. Ce citadin s’installe avec sa femme et sa fille Manon dans la vieille maison, avec le rêve de devenir paysan. Mais la méfiance du village s’installe autour de cet étranger, et le travail sur ses terres se compliquent sans eau, car Jean ignore complètement la présence d’une source dans sa propriété.
L’histoire se poursuit dans le deuxième volet ‘Manon de Sources’.
Drame provençal :
‘L’Eau des collines’ est un diptyque composé de ‘Jean de Florette’ et de ‘Manon des sources’, écrits tous les deux en 1963. Il s’agit de l’adaptation romancée du film ‘Manon de Sources’ que Pagnol avait réalisé en 1952 avec sa femme Jacqueline dans le rôle-titre.
Dans cette épopée romanesque Pagnol affronte l’innocence et la fraîcheur, incarnées par le pur Jean de Florette et sa fille Manon, avec la méchanceté primitive d’Ugolin et son oncle. Ce diptyque joue avec le contraste entre personnalités et cultures, entre la ville et la campagne. Le citadin Jean sera toujours l’autre, le différent, et sera isolé des autres paysans qui, fiers et secrets, ne lui dévoileront pas l’existence de la source bouchée.
Le Papet et Ugolin sont des personnages fascinants, rustres et âpres, symboles ce côté sauvage du champ qui déteste l’invasion des citadins et leur nouvelle philosophie de vie. Remplis de la misère de l’humanité, aussi drôles que fourbus, ils sont la vraie âme de ce roman. Ils s’associent à cette terre qui a résisté au changement et qui survit pendant de siècles, grâce à l’égoïsme et à la mesquinerie.
Dans ce sommet de l’œuvre littéraire de Pagnol, les personnages sont aussi riches que dans ses ‘Souvenirs d’enfance’ ou ses pièces de théâtre, mais ils se complémentent par une dimension psychologique plus réaliste, et un développement dramatique d’une plus grande justesse et profondeur. Avec sa prose brillante et ses dialogues drôles et acérés, Pagnol compose une fresque inoubliable.
Citations :
« Je le connais, moi, le caractère des sources. C’est comme une belle fille. Quand on les oublie, elles s’en vont, et c’est fini. »








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