(Il Piacere, 1888)
Traduction : Georges Hérelle. Langue d’origine : Italien
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Andrea Spirelli, conte d’Ugenta, héritier de l’aristocratie italienne, est un jeune homme mondain et frivole qui se la coule douce, cherchant le plaisir et la volupté toute la journée sans penser au lendemain. Ses relations avec les femmes ont toujours été marqués par l’insouciance, mais petit à petit son cœur se voit attrapé entre deux femmes : Elena, la duchesse de Scerni, femme d’un lord anglais, et Maria, mère d’une petite fille et mariée avec l’ambassadeur de Guatemala à Rome.
Aristocrate mondain à la recherche de son plaisir :
C’est très bien écrit, mais ‘L’enfant de volupté’ a beaucoup de chances de devenir une petite corvée pour le lecteur lambda amateur de l’action et rebondissements, car le livre est truffé de longueurs et le développement narratif risque de provoquer peu d’émotion, mis à part l’ennui. Les personnages, même si bien marqués et travaillés ne sont pas forcément très avenants non plus. Le mal de vivre de ce dandy privilégié qui évolue dans des ambiances feutrées et raffinées, ne produira pas beaucoup d’empathie chez un bon nombre de lecteurs, même si la qualité de l’écriture est indéniable.
En gros c’est un aristocrate qui vit dans l’insouciance et essaie d’extraire un maximum de plaisir d’une existence plutôt centrée sur son nombril, jusqu’à qu’il se trouve pris au piège entre deux femmes. Le titre original du roman, ‘il piacere’ (le plaisir), nous indique clairement quel est le sujet principal, mais malheureusement il ne faut pas s’attendre à une réflexion profonde sur le sujet. Le titre français ‘L’enfant de volupté’ récupère le mot volupté qui est présent dans le livre des dizaines de fois.
Ce roman décadent et peut-être victime de son époque propulsa D’Annunzio dans le panthéon des écrivains italiens du dix-neuvième. En attente de lire d’autres travaux de cet auteur ultra-réputé en Italie, ma première prise de contact reste un peu mitigée.
Citation :
« Elle se tut. À présent, ils sentaient se resserrer le cercle qui devait les enclore, les emprisonner rapidement tous les deux. Ni l’un ni l’autre n’avait conscience de cette rapidité. Deux ou trois heures après s’être vus pour la première fois, ils se donnaient déjà l’un à l’autre en pensée ; et cet abandon réciproque leur paraissait naturel. »








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