(The moon and sixpence, 1919)
Traduction : Dominique Haas. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Le couple Strickland forme un mariage apparemment idéal : Classe moyenne, la réussite, les enfants et tout ce qu’on pourrait désirer. Le mari, William Strickland, est un brooker à succès et rien ne laisser présager qu’il va abandonner femme et enfants pour vivre sa grande passion : L’Art.
Portrait de l’artiste toxique :
Notre narrateur, par amitié avec la femme de Strickland, va traquer William, d’abord jusqu’à Paris et puis ailleurs. Les deux hommes vont se retrouver à plusieurs reprises. Le narrateur, un homme généreux, courtois et fiable (une espèce d’alter ego de Maugham) contraste avec le nouveau William Strickland, chaotique, imprévisible et peu empathique. Le propre Maugham reconnait s’être inspiré partialement du peintre Paul Gauguin pour le portrait de William Strickland. On ne sait pas où s’arrêtent les ressemblances, William est un peintre obsessionnel, égoïste dans son art et dans sa vie. Pour ses proches et les femmes qui l’entourent, est un être monstrueux, toxique. Petit à petit les années passant, Strickland va sombrer dans ses obsessions artistiques et sera de plus en plus odieux avec ses amis. Tout le monde va commencer à l’abandonner, son coté nocif faisant la vie trop difficile pour son entourage. Il quittera chaque endroit laissant une trainée de gens utilisés et détruits par sa personne. Sans spoiler, le dernier quart du roman, situé en Polynésie française, est la partie la plus poétique du livre, et sans doute la plus belle. Encore un autre roman de Maugham avec des personnages affreusement égoïstes, qui, quand même, arrivent toujours à attirer des personnages gentils, malgré que leur toxicité soit visible dès le départ. C’était aussi le cas dans ‘Servitude Humaine’. Fantastique roman, avec le style épuré de Maugham qui perce par sa simplicité.
Citation :
« J’ai l’idée que certains hommes ne naissent pas au bon endroit. Dans le coin du monde où le hasard les a jetés, ils gardent la nostalgie d’un chez-soi inconnu. »








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