(Detaljerna, 2022)
Traduction : Anna Postel. Langue d’origine : Suédois
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Une femme âgée est alitée, malade. À travers des détails qui entrainent des souvenirs, elle remémore les quatre personnes qui auront marqué sa vie : Sa bonne amie Johanna, l’excessive mais authentique Niki, le fascinant Alejandro et finalement la discrète Brigitte, sa mère.
De détail en détail, portrait de quatre personnages :
Comme son titre suggère, le roman s’attarde sur les détails avec l’idée de composer un tout, et décrire ces quatre personnages qui auront marqué la vie de notre protagoniste, narratrice à la première personne mais qui n’est absolument pas le moteur du récit. Elle sera plutôt effacée, la narration se concentrant sur les quatre personnages évoqués.
Par la propre structure en quatre parties de ce court roman, la narration peut sembler un peu irrégulier, et certains personnages auront plus d’importance que d’autres, mes préférés étant les deux premiers. Dans ce sens j’ai trouvé que le troisième protagoniste, Alejandro, était beaucoup trop absent dans son propre récit, qui se centrait plutôt dans sa copine Sally. À mon avis, et de loin, le personnage le plus intéressant est Niki, protagoniste de la deuxième narration, une jeune fille très intense et dominante, pétrie de contradictions, dominée par un sens exagéré du drame et des émotions. Insupportable par moments, touchante d’autres, toujours unique et authentique, Niki est probablement la meilleure création de l’ensemble.
Malgré ce côté un peu décousu et détaché de l’intrigue, ce court roman est superbement écrit. Profond, lucide et teint d’une douce mélancolie, ‘Les détails’ se lit avec une facilité déconcertante.
Citation :
« Contrairement à la plupart des personnes que j’ai côtoyées, elle racontait rarement des anecdotes où elle occupait le rôle principal, ni des anecdotes qu’elle avait déjà racontées, ni aucune anecdote tout court, d’ailleurs, étant donné que la nature même de l’anecdote — avec un début, un milieu et une chute — allait à l’encontre de son exigence d’absolue authenticité. Les bonimenteurs ne l’intéressaient pas, disait-elle, les gens qui se mettaient en scène, se vantaient, coupaient la parole pour se mettre en avant, qui donnaient des leçons de vie, qui n’ouvraient la bouche que quand ils étaient sûrs d’eux à cent pour cent, qui s’efforçaient de s’exprimer de manière intelligente, qui étaient toujours du même avis que leur interlocuteur, qui acquiesçaient toujours, qui s’adaptaient, qui opinaient alors même qu’ils n’étaient pas d’accord. »








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