(Wuthering Heights, 1848)
Traduction : Albine Loisy, Brian Telford. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Mr Earnshaw rentre d’un voyage avec un enfant abandonné, Heathcliff, qui n’est pas reçu positivement. Les deux enfants de la famille réagiront de façon très différente face à cet enfant étrange et sombre. Tandis que Catherine se sentira immédiatement attirée, Hindley sera odieux avec lui. Catherine et Heatcliff vivront une relation fusionnelle, cadrée par le décor somptueux des sommets où le vent n’arrête pas de souffler. Heathcliff sera mis à l’écart pour éviter cet rapprochement avec Catherine.
Mais les enfants deviennent adultes et, après quelques années d’absence, Heatcliff revient. En possession d’une fortune et un prestige social nouveaux, mais plus sombre que jamais. Il n’est pas revenu pour signer la paix.
Romanticisme déchainé dans des paysages sauvages :
Roman très irrégulier avec autant des grandes qualités que des lacunes détonantes. Dans le côté positif, c’est clair que cette première œuvre (et malheureusement unique) montre un talent indéniable pour l’émotion, soulignée par un romanticisme exacerbé. Sous cette nature indomptable des landes du Yorkshire, les éléments se déchaînent contre les sommets. L’atmosphère est saisissante, c’est magistral. On sent ce paysage devenir un personnage à part entière et participer des explosions et déchirements de nos protagonistes.
À mon sens, les lacunes sont principalement du côté narration. Beaucoup d’évènements ne sont pas trop justifiés et arrivent simplement pour faire avancer l’intrigue et mettre les personnages dans des situations compliqués qui feront ressortir leur côté passionnel. Les ficelles narratives de cette histoire sont un peu trop visibles à mon gout.
Unique roman d’Emily Brontë (Elle mourut peu après), il fut publié sous le pseudonyme de Ellis Bell, peu après le succès fabuleux de ‘Jane Eyre’ écrit par sa sœur Charlotte. J’ai lu deux fois ce roman, avec le même résultat mitigé, même si dans l’absolu, c’est une œuvre singulière, inclassable. Son atmosphère électrique à elle seule devrait permettre ce classique anglais de traverser encore plus de siècles.
Justement c’est cette atmosphère sauvage qui n’a jamais été bien captée dans les nombreuses adaptations du livre, souvent trop figés et trop BBC (Tout impeccable, comme il faut et bien prononcé). Sauf que ce roman est tout sauf cela. La seule version qui se rapproche un peu de cette ambiance étrange, de cette violence latente dans le roman, est la version de 2011, dirigé par Andrea Arnold. Avec tous ses défauts (c’est justement une des versions les plus critiquées), ce film réussissait, avec ses caméras en mouvement et ses flous/nets constants, à transmettre l’explosion des sentiments, dans ce décor hanté, balayé par les vents.
L’éternel débat dans tous les forums de littérature est : Est-ce que ‘Les hauts de Hurlevent’ est une histoire d’amour ? La réponse n’est pas facile et le débat est interminable, mais à mon sens il y a des amours destructeurs et toxiques, et Heathcliff et Catherine, c’est tout à fait cela.
Citation :
« Si tout le reste périssait et que lui demeurât, je continuerais d’exister ; mais si tout le reste demeurait et que lui fût anéanti, l’univers me deviendrait complètement étranger, je n’aurais plus l’air d’en faire partie. »








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