(1862)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
France, pendant le premier tiers du XIXe siècle. Jean Valjean sort de prison. Grâce à la bonté de l’évêque Myriel, le voleur Valjean peut se réinventer une nouvelle vie et entamer sa rédemption sous un nouveau nom. En parallèle, Fantine, une jeune fille qui se tue au travail pour souvenir aux besoins de sa fille Cosette, qu’elle a été obligée de placer chez le louche couple Thenardier. Mais le chemin de croix de Valjean vient à peine de commencer, car son honnêteté fera que la lumière se projette sur lui, compromettant à maintes reprises sa sécurité. Multiples vicissitudes l’attendent, et le représentant de la loi Javert, s’acharne à le poursuivre. Déterminé à protéger la jeune Cosette à tout prix, Valjean sera forcé de prendre la fuite et se cacher.
Épopée dramatique sur la rédemption :
Sans doute un des grands chefs-d’œuvre de la littérature universelle de tous les temps, ‘Les Misérables’ est pour la littérature française c’est que ‘Guerre et Paix’ est pour la littérature russe ou ‘Vanity Fair’ pour la littérature anglaise : Une grande épopée dramatique, peuplée des personnages inoubliables, des décors grandioses, et des séquences d’un pouvoir évocateur stupéfiant, le tout assemblé par la force inégalable de la narration.
Le contexte historique s’entremêle dans le récit avec une capacité prodigieuse pour placer le spectateur au cœur des évènements qui ont marqués l’histoire de France dans la première moitié du XIXe, de la bataille de Waterloo (décortiquée dans ses plus infimes détails) jusqu’au émeutes de 1832 (dont les barricades seront décrites avec un brio prodigieux). D’autres séquences nos radiographient la vie dans le couvent du Petit-Picpus, analysent l’univers social qui se croise au Jardin de Luxembourg, nous plongent dans le labyrinthique réseau des égouts parisiens, ou s’attardent sur la spectaculaire traque de Valjean par Javert, policier aveuglé par l’excès de zèle. Un livre fabuleux, remplie des images iconiques et saisissantes, qui ne cessera pas d’émerveiller des nouvelles générations.
Car, malgré ce cadre grandiose, Hugo s’attache justement à rester à l’échelle de l’être humain, plus près de ceux qui subissent l’histoire que de ceux qui la créent. Toute l’humanité y est présente, en quelque sorte, dans ‘Les Misérables’. Avec multiples sujets foisonnants (les inégalités sociales, la guerre, la piété, la misère de l’être humain…) le livre se concentre principalement sur le sujet de la rédemption. Comment faire le bien quand l’univers continue à nous punir par le mal qu’on a commis jadis et qu’on a déjà expié ? Le dilemme entre le bien et le mal prend une place de choix. Des digressions philosophiques truffent aussi le récit, en déployant la pensée humaniste de son auteur, sans nuire à aucun moment le déroulement de la narration.
Hugo reconnait être fortement influencé par le réalisme Balzacien. Valjean semble être le pendant positif du louche Vautrin de la comédie humaine, aussi rescapé du bagne et, comme Valjean, réinventé à plusieurs reprises avec multiples changements de nom. Autre le couple de protagoniste/antagoniste formé par Valjean et Javert, le livre est rempli d’autres personnages aussi marquants, la courageuse Fantine, les sordides Thénardier, l’innocente Cosette, le brave Marius, la jalouse et double Éponine, l’enfant de rue Gavroche, et tous les héros des barricades, ces ‘misérables’ dont leurs péripéties dramatiques vont être au cœur de l’émotion du récit.
C’est un de ces livres très longs qu’on commence peut-être avec la flemme, mais qui vous attrapent aux tripes et qu’à la fin on souhaiterait qui continuent pour encore des centaines de pages. Inoubliable.
Citation :
« Ne craignons jamais ni les voleurs ni les meurtriers. Ce sont là les dangers du dehors, les petits dangers. Craignons-nous nous-mêmes. Les préjugés, voilà les voleurs ; les vices, voilà les meurtriers. Les grands dangers sont au-dedans de nous. Qu’importe ce qui menace notre tête et notre bourse ! Ne songeons qu’à ce qui menace notre âme. »








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