(2019)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Bastia, dans un quartier résidentiel. L’entrepreneur Mohamed Cherkaoui tue sa femme et sa fille avant d’essayer de se donner la mort. Quelques jours plus tard, le cadavre d’une femme sans histoire apparaît au bout d’un chemin. Ces deux affaires apparemment sans relation vont tomber dans le bureau des homicides simples, un département de la police de Bastia géré par un policier mis au placard qui boit pour effacer les traces d’une existence morne et ratée.
L’intrigue se corse :
C’est un polar relativement classique, très bien écrit et assez prenant qui, comme souvent dans le genre, met en avant les personnages masculins et une certaine idée de la virilité. Le grand banditisme, la xénophobie et la corruption se mélangent dans l’intrigue, compliquant davantage l’enquête. Évitant le soleil et la mer qui marquent le rythme de l’île dans les mois de beau temps, Albertini place intelligemment l’histoire dans les mois d’hiver, sous la grisaille et la pluie, réussissant à mener l’ambiance morne nécessaire pour accompagner cette histoire sombre et sordide, et finalement peu manichéenne.
Le protagoniste est un flic désabusé sur le retour, brillant dans son travail quand il n’est pas alcoolisé ou traumatisé par sa solitude. Faux coupables, enquête qui piétine, personnages qui cachent des pistes clé, rebondissements à tire-larigot, le roman joue habilement avec tous les clichés du genre, rajoutant à cela une ambiance de corruption institutionnelle rampante, dans laquelle les personnages se sentiront déprotégés de la loi et des institutions. Malgré un portrait assez noir de la Corse, loin des clichés touristiques de l’île de beauté, on sent à chaque page l’amour de l’auteur par son île.
Je ne suis vraiment pas fan du polar et je décroche souvent dès que l’enquête commence à se compliquer et prendre la place centrale du récit, mais j’ai lu ‘Malamorte’ avec une facilité déconcertante, porté sans doute par la fluidité et le rythme de sa narration et son intrigue bien ficelée. Pas forcément unique ou original, mais dans l’ensemble c’est un très bon moment de lecture.
Citations :
« Les intempéries avaient rendu l’île à ses angoisses hivernales, ces longs mois où la pire des malédictions nous tombait dessus : nous retrouver seuls avec nous-mêmes, prêts à laisser parler nos instincts cannibales, à nous entre-dévorer à la première occasion. »
« (…) sur cette île, n’importe quoi peut faire voler en éclats le repos qu’on pense avoir trouvé un jour ou l’autre. »








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