(Il vicino, 2008)
Traduction : Françoise Brun. Langue d’origine : Italien
⭐⭐⭐
Ce que raconte cette novella :
Cagliari. Après que son mari l’ait abandonné, une jeune fille reste seule et déprimée avec son petit bébé, dans leur appartement délabré. Tandis qu’elle cherche le meilleur moyen de finir avec ses jours tout en faisant que cela paraisse un accident, elle rencontre l’enfant du voisin, qui se faufile dans son appartement à la moindre opportunité. À travers le garçon elle fait la rencontre de son père, un homme attentionné mais aussi solitaire qu’elle.
Deux solitudes :
Court roman ou longue nouvelle, ‘Mon voisin’ est un récit assez épuré, subtile et très beau, même si prédictible par la plupart. Avec une tonalité sensible mais relativement distante, Agus réussi le difficile pari de parler suicide sans que cela alourdisse un récit qui vire petit à petit vers la légèreté, notamment par les deux enfants mais aussi par l’attirance qui s’installe entre leurs progéniteurs respectifs, des êtres un peu paumés, qui tissent leur relation dans un monde qui semble à l’écart de la société.
Notre protagoniste est une jeune femme désespérée, qui ne trouve pas dans son rôle de jeune mère l’énergie suffisante comme pour la sortir du trou, de cet espace noir dans lequel elle se trouve depuis que son mari l’a quitté. La narration ne rentre pas vraiment dans la psyché de chaque personnage ni dans ses motivations. Les tentatives de suicide de la protagoniste, ainsi comme la douleur du voisin, resteront par la plupart dans le flou, suggérant seulement en quelques lignes le minimum indispensable pour suivre la narration.
La novella propose une pertinente réflexion sur la solitude du monde moderne, à mon sens le thème central du récit. ‘Mon voisin’ s’attarde aussi sur d’autres sujets comme la parentalité, la détresse social, l’estime de soi, le suicide et la possibilité de surmonter les difficultés grâce à l’inattendu.
Citation :
« Une nuit, elle décida de lui expliquer qu’elle avait trouvé comment concilier leurs idées à tous deux sur la vie et la mort. »








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