(Where angels fear to tread, 1905)
Traduction : Charles Mauron. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
C’est le grand départ. Lilia Herriton, jeune et riche veuve un peu insouciante, et sa chaperonne, Miss Abbott, une jeune fille assez naïve, s’apprêtent à partir pour l’Italie. Lilia est censé prendre un temps de repos et déconnecter après les soucis propitiés par la mort de son mari. Sauf que, après quelque temps en Toscane, Lilia décide de se marier avec Gino, un beau italien fils de dentiste. Le scandale retentit jusqu’à Londres et une petite ambassade est envoyé en Italie pour empêcher ce mariage.
Passion italienne contre rigueur britannique :
Premier roman de E.M. Forster dans lequel il va développer plusieurs de ses thèmes favoris, notamment l’impossibilité de franchir les barrières que la société établit entre classes sociales.
Un autre thème cher à Forster, grand voyageur, est le contraste entre les pays et leurs différentes façons d’approcher l’amour et la société en général. Ici, comme dans ‘Avec vue sur Arno’ (‘A Room with a view’) c’est l’idée d’une Italie remplie des passions, de lumière et authenticité qui fait face à la gris et austère vie Londonienne. La spontanéité italienne contre la rigidité britannique. Comme d’habitude dans l’œuvre de Forster, les personnages doivent dépasser leurs idées arrêtées et leurs mœurs étroits, grâce à ce choc de cultures qui finit par élargir leurs horizons vitaux.
Les complications de l’affaire de Lilia mettront en jeu sa belle-famille anglaise en Italie. Dans cette ambiance toscane, d’exaltation des sentiments et des passions démesurés, les rebondissements émotionnels vont s’empiler, mêlant tragédie et comédie.
‘Monteriano’, traduction un peu incompréhensible de ‘Where angels fear to tread’, prend son titre d’une phrase du poète anglais Alexander Pope « Là où les anges craignent de poser les pieds, les sots se précipitent ». L’idée probablement serait que la fascination de l’Italie représente aussi un mystère et un danger pour des femmes naïves comme Lilia ou Miss Abbott.
Très beau premier roman d’un auteur anglais fasciné par l’étranger, le choc de cultures et la sensibilité de l’âme humaine en général, et qui préfigure des œuvres majeures comme ‘Howard’s End’ ou ‘Route des Indes’.
Citation :
« Aucun d’eux ne comprit que le conflit les dépassait, qu’il était national, que des générations d’ancêtres, bons, mauvais ou indifférents, interdisaient à l’homme latin de se montrer chevaleresque envers la femme nordique, comme à cette dernière de pardonner à l’homme latin. »








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