(N.N., 1922)
Traduction : Ibolya Virág. Langue d’origine : Hongrois
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Hongrie, région de Nyirseg, au début du siècle XXe. Le roman suit le quotidien de N.N. (Nomen Nescio, personne anonyme, sans nom o né sous x) ainsi que le fil de ses souvenirs, marqués pour des images et symboles reliés aux cigales et à leur chant.
Cigales et nostalgie :
‘N.N.’ n’a pas une intrigue proprement dite, c’est une collection d’anecdotes et des rencontres, vécues par notre protagoniste sans nom ; un homme un peu gris, un peu dilettante, un peu nostalgique, un peu à l’ancienne, un peu existentialiste. N.N. va retracer de manière chaotique son passé, ses relations amicales, la rencontre avec sa future femme, sa famille, son rapport au passé, le tout assaisonné de belles descriptions des mœurs et paysages de son pays d’origine. Baigné d’une lumière nostalgique et porté par un langage très poétique, le récit a une base fortement autobiographique, Gyula Krúdy fut un enfant naturel d’un avocat et sa bonne, et resta toujours attaché au Nyirseg, sa région d’origine.
Mise à part la mélancolie et la beauté des mots, ce roman encensé par la critique hongroise et qui a influencé plusieurs générations d’auteurs hongrois comme Sándor Márai ou Imre Kertesz, m’a laissé complètement indifférent, autant à niveau émotionnel comme intellectuel. Je ne suis pas sûr de comprendre les raisons de l’engouement qui suscite, mais il se pourrait que le roman prenne plus du sens dans sa langue originale. J’ai peur qu’une traduction, aussi bonne soit elle, ne fasse pas justice à un texte si unique et poétique.
Également, j’ai eu du mal à saisir la valeur métaphorique des cigales, omniprésentes dans le récit, ni l’idée globale du roman, ni les thèmes centraux du récit. Bref, je suis passé à côté. Avec des milliers de situations et presque pas d’action, à la fois foisonnant et minimaliste, ‘N.N.’ est sans doute beau mais aussi assez désuet et boring.
Citation :
« Les averses du printemps, à la rumeur si singulière, leur inspiraient de la joie mais personne n’éprouvait de la tristesse à l’arrivée des silencieuses pluies d’automne qui évoquaient le bruit de pas d’enfants morts. Il n’était pas de nuit épaisse qui n’eût des choses à nous apprendre. Pas d’hiver, même rude, pour nous ôter à jamais la joie de vivre. »








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