(1831)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Paris, fin du XVe siècle. Lors de la fête des fous, Quasimodo, le sonneur des cloches de la cathédrale est élu pape des fous, à cause de sa difformité et disgrâce, le bossu, qui vit normalement cloitré dans la cathédrale Notre Dame, est la victime de toutes les blagues et vexations. Suivant les ordres de l’archidiacre de Notre-Dame Claude Frollo, Quasimodo essaie de kidnapper Esmeralda, une bohémienne danseuse de rue, dont Frollo est éperdument amoureux. Au dernier moment Esmeralda est sauvée par un capitaine de la garde appelé Phoebus.
‘LA’ Cathédrale :
Véritable protagoniste du roman, la cathédrale Notre Dame, que à l’époque de Victor Hugo était partiellement oubliée, soumise à des restaurations et risques divers, est ici montrée dans tout son splendeur et mystère, avec le Paris médiéval à ses pieds. L’objectif de Victor Hugo était clair : « Inspirons, s’il est possible, à la nation l’amour de l’architecture nationale. C’est là un des buts principaux de ce livre ». Le succès du livre entraina un véritable élan d’amour vers ce bâtiment emblématique, qui facilita la protection de ce patrimoine unique, désormais associé au rayonnement international de la France. Le terrible incendie de 2019, dirigea toute une nouvelle génération de lecteurs sur le roman.
Dans cette œuvre du jeune Victor Hugo (29 ans au moment de la publication) les personnages féminins ont à mon sens peu de dimension. Esmeralda en particulier est vraiment naïve, au-delà du fait qu’elle incarne l’innocence et la pureté, ce qui contraste avec sa voluptueuse beauté. L’attraction que Esmeralda produit en l’archidiacre Frollo et en Quasimodo, créera toutes les dynamiques dramatiques du récit, mais complètement à son insu. Esmeralda est un personnage passif, unidimensionnel, qui surprend par son manque d’entrain, surtout dans un roman aux consonances si épiques.
Les sujets principaux du livre tournent autour des apparences et de l’amour, ainsi comme de la justice sociale. Esmeralda aime Phoebus par sa beauté, Frollo aime Esperalda par sa beauté. Et personne n’aime Quasimodo, parce qu’il est laid. Cette critique de la superficialité de ces amours est reprise maintes fois dans le livre, sans vraiment établir une réflexion profonde sur le sujet. Plus intéressant est le portrait des bas-fonds de Paris et tout le volet social du livre. Les laissé pour compte, les bannis de la société, les estropiés en tout genre, trouvent grâce aux yeux de Victor Hugo et s’érigent en vrais protagonistes du roman, seulement dépassés par l’ombre imposante de la cathédrale.
La beauté des mots est là, il y a des moments d’une grande splendeur littéraire, notamment les séquences dans la cathédrale, extravagant foyer de Quasimodo décrit avec tout soin de détails architecturaux. Brillent aussi les séquences dans la cour de miracles, ce royaume des déchus d’un Paris misérable, « ruisseau de vices, de mendicité et de vagabondage », « ruche monstrueuse », « cité des voleurs, hideuse verrue à la face de Paris ». Oui, c’est très beau, mais préférez plutôt les œuvres de maturité de Victor Hugo (‘Les misérables’ et ‘L’homme qui rit’), aussi belles à niveau stylistique et de langage, mais plus posées, humanistes et réfléchies.
Citations :
« Le cœur humain ne peut contenir qu’une certaine quantité de désespoir. Quand l’éponge est imbibée, la mer peut passer dessus sans y faire entrer une larme de plus. »
« Ne regarde pas la figure. Jeune fille, regarde le cœur. Le cœur d’un beau jeune homme est souvent difforme. Il y a des cœurs où l’amour ne se conserve pas. »
« Sur la face de cette vieille reine de nos cathédrales, à côté d’une ride on trouve toujours une cicatrice. Tempus edax, homo edacior. Ce que je traduirais volontiers ainsi : le temps est aveugle, l’homme est stupide. »








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