(Persuasion, 1817)
Traduction : Mme Letorsay. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Anne Elliott, retrouve le Capitaine Wentworth, qui est revenu en Angleterre après 8 ans d’absence. Anne rougit, pâlit, c’est la panique totale, elle essaie de ne pas montrer le tumulte qu’elle vit à l’intérieur. Flashback : La jeune Anne Elliot, grâce à (ou à cause de) la persuasion de son amie Lady Russell, avait en effet rejeté la proposition de mariage de Wentworth, car à l’époque il était un jeune homme sans trop de prospections d’avenir. L’amour, bien sûr, ne suffisait pas. Mais le voilà revenu, avec une petite fortune, beau à souhait et encore plus irrésistible…
Un amour plus mur :
Dernier roman d’Austen, publié posthumément, et probablement un de ses meilleurs œuvres, sinon la meilleure. A différence de ses autres romans, on est ici dans un travail plus mûr, un peu plus sophistiqué. Bien sûr, comme d’habitude chez Austen, l’intrigue est prédictible dès les premières pages, mais ce qui est nouveau ici est cette idée d’un amour plus mature, plus réfléchi. On oublie les amours déchainés, les passions de midinette, fini le coup de foudre au premier regard. Cette romance est posée. Cet amour a mis des années à se mettre en place et cela lui donne crédibilité et solidité. On est, par la première fois chez Austen, dans le réel. Le combat intérieur de Anne pour résoudre ses doutes, entre la dignité qui se veut inébranlable et les regrets du passé, est la partie la plus fascinante du roman. Austen, avec sa fine ironie et son talent pour l’introspection psychologique, va convertir Anne en la plus réel, la plus vraie de ses héroïnes. Je suis en train de relire les 6 romans essentiels de Jane Austen. Ils sont tous magnifiques (à exception, à mon sens, de ‘Northanger Abbey’, une naïve œuvre de jeunesse), tous remplis de ce cynisme imperceptible qu’elle utilise pour critiquer les mœurs de son époque, attaquer la tyrannie de la morale, et les limites des choix proposés aux femmes dans la société anglaise du début du XIXe siècle. Je n’arrive pas à trouver qu’aucun soit une véritable chef d’œuvre, même si ‘Persuasion’ est probablement celui le mieux placé pour l’être.
Citation :
« Presque huit ans s’étaient écoulées depuis que tout était rompu. Combien il était absurde de ressentir encore une agitation que le temps aurait dû effacer ! Que de changements huit ans pouvaient apporter ! tout résumés en un mot : l’oubli du passé ! C’était presque le tiers de sa propre vie. Hélas, il fallait bien le reconnaître, pour des sentiments emprisonnés, ce temps n’est rien. »








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