(1887)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Le couple Roland, fraichement arrivé au Havre, espère profiter du contact avec la mer. Leurs fils, Pierre et Jean, ont fini ses études à Paris (Médecine et Droit respectivement) et s’installent dans la maison de famille avec eux. Les deux fils du couple Roland ont de caractères on ne peut plus opposés. La mort d’un ami de la famille, Léon Maréchal, va créer l’émoi dans la famille, car le cadet, Jean, s’avère être l’héritier de presque tout l’argent de l’homme décédé. Pierre, complètement ignoré dans cette succession, commence à se poser des questions sur la nature des relations de sa famille avec Maréchal. La rivalité entre ces deux frères si différents éclate en plein jour.
Caïn et Abel au Havre :
Le roman se centre sur ces deux frères opposés par son physique, son caractère et son sens morale. Pierre est brun, tourmenté et chaotique. Jean est blond, calme, intelligent et posé. Mais Pierre est le seul qui souffre de cette différence et des égards avec lesquelles Jean semble être traité. Pierre se sent stigmatisé et le vit mal, tandis que Jean pense que son frère est simplement un peu jaloux pour son prochain mariage. Mais la jalousie de ce Caïn de la fin de XIXe siècle est plus profonde et complexe, et sera le moteur de toute la tension dans le roman.
Le conflit de Pierre sera incompris de tout leur entourage, ce qui va plutôt attiser le drame, au fur et à mesure que des secrets qui se cachent sous l’apparente perfection du couple Roland vont faire surface. L’univers bourgeois, protégé et respecté dans lequel Pierre a vécu toute sa vie est en train de s’écrouler comme un château de cartes, et sa jalousie se transformera en un fort sentiment d’être incompris et délaissé.
Ce merveilleux roman psychologique expose avec finesse et talent les recoins de l’âme humaine et ses tourments, souligné par ce contraste entre les frères. Plus que dans ses nouvelles, le talent de Maupassant brille dans le développement des arcs dramatiques des personnages, rythmés habillement le long du récit.
Citation :
« Il portait en lui un petit point douloureux, une de ces presque imperceptibles meurtrissures dont on ne trouve pas la place, mais qui gênent, fatiguent, attristent, irritent, une souffrance inconnue et légère, quelque chose comme une graine de chagrin. »








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