(1930)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Aubignane est un village d’Haute Provence où il ne reste que trois habitants : le vieux Gaubert, la vieille « Mamèche » et un homme plus jeune, Panturle. Les deux vieux désertent le village et Panturle reste dans le village mort, en solitude totale. Un soir, une femme arrive au village, et en la suivant Panturle tombe dans la rivière, inconscient. Sauvé au dernier moment, il se réveille à côté de la femme, par laquelle il est irrésistiblement attiré.
Vie sauvage dans un monde rural à l’abandon :
Très beau et étrange récit de Giono, dans lequel une ambiance de passion primitive domine la narration. Le colosse Panturle vit seul, dans une espèce de retour en arrière, vivant de la chasse, parlant seul avec lui-même. Son souhait de trouver une compagne semble être le seul lien qui anticiperait un retour à la société.
Avec le langage riche et poétique de son auteur, et le décor somptueux du village abandonné et balayé par le vent, le livre enchaine des séquences au grand pouvoir visuel et évocateur, comme la première séquence d’amour sur le pâturage, entre les ruines des maisons et le vent déchainé qui donne une allure presque animale à la séquence. La nature qui les entoure, et qui a récupéré petit à petit ses droits sur le village délaissé, fera de chapelle improvisée pour ce mariage symbolique, dont le germe représentera la résurrection du village. Comme dans ‘La terre’ de Zola, le symbole de l’acte sexuel est associé à la fécondité de la terre.
Troisième roman du cycle provençal de Giono, mais qui peut se lire indépendamment. Tous les sujets chers à Giono se trouvent dans ce roman, notamment la renaissance des villages abandonnés de Provence.
Citation :
« Le vent entre dans son corsage comme chez lui. Il lui coule entre les seins, il lui descend sur le ventre comme une main ; il lui coule entre les cuisses ; il lui baigne toutes les cuisses, il la rafraîchit comme un bain. Elle a les reins et les hanches mouillées de vent. »








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