(Brideshead Revisited, 1945)
Traduction : Georges Belmont. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
1944, deuxième guerre mondiale. Le capitaine Charles Ryder et son régiment se trouvent retenus au château de Brideshead. L’endroit déclenche les souvenirs de Ryder une vingtaine d’années auparavant quand il était un habitué du château. C’est dans cet endroit où Ryder avait côtoyé l’aristocrate Sebastian Flyte, un ami des études à Oxford. Sebastian, un jeune homme extravagant et singulier, lui avait ouvert les portes de leur maison et lui avait présenté toute sa famille, notamment sa sœur Julia.
Décadence aristocratique d’entre guerres :
Roman de grand réputation littéraire, que je n’ai pas réussi à apprécier pleinement malgré ses évidentes qualités. La narration est complexe et un peu chaotique et le sujet du livre n’est pas toujours clair. La déchéance de Sebastian, qui s’affronte à sa famille et sombre dans l’alcoolisme et parfois la débauche, peut être un miroir des derniers jours de l’aristocratie britannique dans ce période d’entre guerres qui marqua la fin de l’époque dorée pour cette classe privilégiée.
Charles est aussi un personnage peu clair selon mon humble opinion. Est-il un simple témoin de la chute des idéaux de la famille Flyte, ou est-il vraiment impliqué dans cette décadence ? Le catholicisme de la famille, notamment de la mère, appuie encore plus sur le côté hors-du-monde de la famille, les ancrera davantage dans un temps révolu, et deviendra moteur d’une part de l’intrigue. La quête d’adaptation aux nouveaux temps, et la chute des illusions de jeunesse sont les sujets majeurs présents dans le livre.
Ces problèmes de clarté et puis des nombreuses longueurs me font avoir un avis mitigé sur ce roman, qui est par ailleurs solide et bellement écrit, et qui s’inscrit dans la tradition du roman british classique (Hardy, Thackeray, Brontë, et notamment Forster). Une belle adaptation en série télévisé, produite par la BBC, eut un succès international considérable au début des années 80, et lança la carrière de l’acteur Jeremy Irons, qui jouait le rôle de Charles Ryder.
Citation :
“ Quand les gens mettent, à haïr, tant d’énergie, c’est que l’objet de leur haine est en dedans d’eux. »








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