(2011)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
On récupère l’histoire expliquée dans ‘Mon traître’, avec l’amitié entre Antoine, le gentil et naïf luthier français, et Tyrone Meehan, le combattant mythique du Sinn Féin, vétéran de la lutte contre les anglais. Amitié brisée par la trahison du deuxième, confident secret des anglais. Le récit part en arrière pour nous expliquer l’enfance et la jeunesse de Tyrone, marquées par la violence et l’alcool, pour essayer de comprendre les raisons qui ont pu motiver ses actes.
Mon traitre version Tyrone :
‘Retour à Killybegs’ n’est pas vraiment une suite de ‘Mon traître’, mais plutôt un roman complémentaire. Souvent la narration va toucher les mêmes évènements, mais cette fois d’un autre point de vue, nous faisant voir l’autre côté des choses. Avec un effort remarquable pour éviter autant le jugement que la justification, Chalandon nous fait le portrait d’un homme complexe et torturé, qui essaie tan bien que mal de trouver l’apaisement.
Le roman va encore plus loin que ‘Mon traître’ dans la complexité psychologique du personnage central, et brille par la façon de présenter presque un siècle de l’histoire de l’Irlande, faisant une analyse très sobre et subtile de ce conflit violent qui a marqué à jamais l’histoire du pays. Comment cet homme solide, incroyablement engagé, a pu sombrer, après tous ces années, dans la trahison la plus abjecte ? Pourrions-nous expliquer l’inexplicable, si on réussissait à plonger dans les souvenirs de cet homme brisé ?
Le déroulement du conflit, le triste passé de Tyrone et les scènes dans les prisons entrainent un traitement littéraire d’un réalisme effarant, dur et sombre. C’est un roman triste mais authentique et rempli d’un humanisme et une sensibilité uniques. À différence de ‘Mon traître’, où on voyait tout à travers les yeux de l’héros Guillaume, ‘Retour à Killybegs’ est un roman sans vrai héros, un récit centré sur le côté le plus humain de l’idole déchu.
Autant ‘Mon traître’ que ‘Retour à Killybegs’ furent adaptés de façon remarquable en Bande Dessinée par Pierre Alary.
Citation :
« Lorsque le petit Français me regardait, je m’aimais. Je m’aimais dans ce qu’il croyait de moi, dans ce qu’il disait de moi, dans ce qu’il espérait. Je m’aimais, lorsqu’il marchait à mes côtés comme l’aide de camp d’un général. Lorsqu’il prenait soin de moi. Qu’il me protégeait de son innocence. Je m’aimais, dans ses attentions, dans la fierté qu’il me portait. Je m’aimais, dans cette dignité qu’il me prêtait, dans ce courage, dans cet honneur. J’aimais de lui tout ce que son coeur disait de moi. »








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