(Shirley, 1849)
Traduction : P.-E. Dauran-Forgues. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
La dépression industrielle qui traverse cette région de l’Angleterre met en difficulté l’usine de Robert Moore. Robert est trop inquiet pour cette situation et il ne peut pas être présent pour sa cousine Caroline, qui est amoureuse de lui. Robert seulement pourrait sauver l’entreprise s’il trouve de l’argent. Un climat de révolte s’installe chez les ouvriers, qui voient avec méfiance les machines que Robert a achetés, et qui pourraient à terme les remplacer. C’est alors que la séduisante et richissime Shirley entre en scène. Son argent pourrait sauver Robert et ses ouvriers d’une fracture irréparable.
Mais où est Shirley ? :
Roman a structure surprenante. Le personnage qui donne le titre met plus de cent pages à apparaître, et pendant une bonne partie du roman, on n’est pas trop sûr de ce que veulent vraiment ces personnages. Et ça c’est bon car on a la sensation qu’on va être surpris à chaque chapitre. Un fois Shirley dans la scène, le contraste entre les deux femmes, condamnées à s’entendre, est flagrant. L’une timide et retenue, l’autre extravertie et passionnée. Cela va faire un miroir avec les deux frères, Robert et Louis, qui sont aussi très contrastés entre eux ; responsable et rangé l’un, artiste et rêveur l’autre. Ce double contraste est un des charmes de roman.
Le personnage de Shirley semble avoir été inspiré par la sœur de Charlotte Brontë, Emily.
J’étais émerveillé pendant deux bons tiers du roman. Il a un climat de fracture sociale très intéressant (Si mes souvenirs sont bons, le sujet de l’industrialisation n’est pas présent dans les autres romans de Charotte Brontë), et il est décrit avec talent et sensibilité. J’avais quand même la sensation que cela pourrait être un autre chef d’œuvre de Brontë, mais le dernier tiers du roman fut une petite déception : L’intrigue est résolue d’une façon banale. Beaucoup des personnages qu’on avait connu le long du roman, disparaissent pour ne plus jamais revenir. Il n’y a aucune surprise, si ce n’est que les personnages perdent facettes et profondeur. Cela reste un très beau roman, mais dommage pour ce qu’il aurait pu être.
Citation :
« S’il est une chose que je haïsse par-dessus tout, c’est l’idée du mariage. J’entends le mariage dans le sens vulgaire, et comme pure matière de sentiment : deux fous consentant à unir leur indigence par quelque fantastique lien de sympathie mutuelle, quelle absurdité ! »








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