(1876)
Langue d’origine : Français
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Eugène Rougon est le fils aîné de Pierre et Félicité Rougon (‘La Fortune des Rougon’). Sa lente ascension est expliquée indirectement dans les premiers romans de la saga. Lors d’une séance au parlement, la chambre étant désormais soumise à l’empereur, Eugène perd sa position comme président du Conseil d’État. Il s’en suit toute une série de mouvements, des petites corruptions, de trafic des faveurs et des influences, des pactes non officieux, que l’entourage d’Eugène Rougon va déployer avec l’objectif de le replacer au sommet. Son amant, Clorinde, grande manipulatrice qui dirige le groupe, n’hésitera pas à mettre leur relation et leur vie privée au service de l’ascension de Rougon, donc de toute la bande. Mais les allégeances sont fragiles dans l’univers volage de la politique et aujourd’hui tu es adulé de tous, demain tu seras vilipendé.
La politique c’est d’un ennui ! :
‘Son excellence Eugène Rougon’ est le sixième volume de la série Les Rougon-Macquart, dédié cette fois à l’univers de la politique, que Zola n’hésite pas à dépeindre de façon réaliste, c’est à dire sous la pire des lumières.
La Corruption, les arrangements entre amis, la langue de bois permanente, les renvois d’ascenseur, le mépris total du peuple, la trahison… Bref, c’est comme dans nos jours. La chambre des députés est présentée comme un théâtre, une salle de spectacles, le meilleur comédien c’est celui qui l’emporte et les beaux parleurs ont des beaux jours devant eux, peu importe les conséquences pour les électeurs. La démocratie est complètement bafouée par elle-même.
C’est un Zola vraiment ennuyant, à mon sens le moins bon de la série. Il est bien écrit et superbement documenté, présentant un portrait de la politique incroyablement d’actualité, au point qu’on pourrait complètement imaginer ce roman avec Macron ou Sarkozy comme personnages, mais c’est juste d’un ennui mortel. Le débat politique est aussi bas que dans nos jours. Parmi une multitude de personnages embêtants, Eugène inclut, presque aucun n’échappe à la torpeur générale. Seulement le personnage de Clorinde sauve un peu le meubles et apporte un peu d’intérêt.
On retrouve son style raffiné, percutant et directe et son cynisme profond, mais cette fois-ci la mayonnaise ne prend pas, victime du sujet choisi. Zola lui-même le dit dans son étude préparatoire : « Je chercherai moins que jamais à raconter une histoire ». Pari réussi !
Sauf si vous êtes en train de lire la série entière des Rougon-Macquart, ou que la politique vous intéresse vraiment, celui-là serait le titre à éviter.
Citation :
« Lui, au milieu de l’agitation continue de la bande, semblait ne rien voir. Dans son salon, le jeudi et le dimanche, il faisait des réussites, pesamment, le nez sur les cartes, sans paraître entendre les chuchotements, derrière son dos. La bande causait de l’affaire, s’adressait des signes par-dessus sa tête, complotait au coin de son feu, comme s’il n’eût pas été là, tant il semblait bonhomme ; il demeurait impassible, détaché de tout, si éloigné des choses dont on parlait à voix basse, qu’on finissait par hausser la voix, en s’égayant de ses distractions. »








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