(Under Høststjærnen, 1906)
Traduction : Régis Boyer. . Langue d’origine : Norvégien
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Norvège, début du XXe siècle. Knud Pedersen, un homme quarantenaire d’extraction bourgeoise, quitte sa vie de citadin pour retrouver la nature, à la recherche du calme et de la paix intérieure. Il se lance dans une vie errante, travaillant dans plusieurs fermes et exploitations de la campagne. Avec son collègue Grindhusen rencontré lors d’un travail dans la forêt, ils s’improvisent bûcherons, maçons, plombiers, même accordeurs de piano. Dans cette vie de vagabondage en pleine liberté seulement les conquêtes féminines semblent rappeler Knud à la civilisation.
Vagabondages d’un névrosé à la recherche du calme campagnard :
‘Sous l’étoile d’automne’ est un récit hautement autobiographique. Le protagoniste prend les nom et l’âge de l’écrivain (Knut Hamsun est né Knud Pedersen), mais lui transfère ses expériences de vagabondage de jeunesse. Le jeune Hamsun vadrouilla et exerça plein d’emplois différents après ses 15 ans. Mais l’adulte Hamsun écrivit ce livre après le divorce de sa première femme, à l’approche la cinquantaine. En attribuant à son personnage adulte ses expériences de jeune adolescent, invoquait peut-être un souhait de tout plaquer et partir à nouveau dans la nature à la recherche de la sérénité ?
Le héros solitaire de ‘Sous l’étoile d’automne’ a presque les mêmes névroses et paranoïas que le protagoniste de ‘Faim’, son premier roman, aussi très autobiographique. Pour comprendre l’étrange psychologie du personnage principale, il faut se plonger dans l’enfance de l’écrivain. Dû à l’extrême pauvreté de ses parents, Hamsun fut placé à neuf ans chez son oncle Hans Olsen, qui le maltraitant, le frappait, et l’humiliait, souvent le laissant mourir de faim. À quinze ans, Hamsun réussit à s’échapper, pour ne jamais retourner. Comme déclara l’écrivain lui-même plus tard, cette expérience marquera à jamais sa vie, lui laissant des blessures qui jamais guériront. Dévoré par ses angoisses et ses insécurités, la vie de Hamsun fut complexe et difficile, et cela déteint dans tous ses romans.
Le livre documente cette vie des vagabondages plutôt que s’intéresser aux ficelles de l’intrigue dramatique. Comme dans ‘La faim’, le ton est assez direct, sec, même abrupt, avec peu d’espace pour déployer des émotions. Cependant le livre est touchant, notamment par la quête de l’apaisement du personnage principal, à travers cette vie de vadrouille au gré de saisons en contact avec la nature. Ses expériences sentimentales lui demanderont un effort colossal, et il devra affronter tous ses démons à chaque fois qu’une femme attire son intérêt. On sent le désespoir intérieur du personnage dans presque toutes les pages, et paradoxalement le roman dégage autant de mélancolie que de froideur. C’est triste mais peut-être pas autant que ‘La faim’. Il s’agit peut-être d’une ouvre mineur, même si le sujet est intéressant, le livre est sans doute bien écrit, et se lit aisément.
Certains lecteurs peuvent être refroidis par la proximité de Hamsun au régime nazi. Personnellement, je me dis toujours : Déteste l’écrivain pas le livre ! Dans tous les cas, Je voudrais seulement souligner que ce livre a été écrit en 1906, bien avant la montée du nazisme et que l’histoire et les idées qui véhicule n’ont rien à voir avec cela.
‘Sous l’étoile d’automne’ est le premier volume de ce qu’on appelle la trilogie du vagabond. Il sera suivi par ‘Un vagabond joue en sourdine’ (‘En Vandrer spiller med Sordin’, 1909) et ‘La dernière joie’ (‘Den siste Glæde’, 1912).
Citation :
« Me voici loin du vacarme et de la presse de la ville, des journaux et des gens, j’ai fui tout cela parce que, de nouveau, on m’appelait de la campagne et de la solitude dont je suis originaire. »








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