(1838/1843/1846/1847)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Lucien Chardon, protagoniste de ‘Les illusions perdues’, a réussi à se faire appeler maintenant Lucien de Rubempré, d’après le nom de noblesse de sa mère. Il entretient une relation secrète avec l’ancienne courtisane Esther Van Bogseck, qui peut compliquer ses chances de s’intégrer dans la haute société, son rêve de toujours. Lors d’un bal masqué à Paris le couple est reconnu malgré leur déguisements et ils devront faire face à leur passé. Un personnage singulier protège Lucien et sauve Esther d’une mauvaise passe, mais ce personnage mystérieux a un côté sombre.
Le dessous sordide de la mondanité parisienne :
‘Splendeurs et Misères des courtisanes’, suite du chef d’œuvre Balzacien ‘Les illusions perdues’, est divisé en quatre parties, publiées sur une dizaine d’années : ‘Comment aiment les filles’ (1838) ; ‘À combien l’amour revient aux vieillards’ (1843) ; ‘Où mènent les mauvais chemins’ (1846) ; ‘La dernière incarnation de Vautrin’(1847). Probablement un des romans le plus sombres de Balzac, dans lequel l’hypocrisie, la mesquinerie et le coté abjecte de l’être humain sont mis au centre du récit. Il se déroule dans une atmosphère délétère et sordide où crime, prostitution (même infantile), perversion, viols et ex-bagnards cohabitent avec la corruption de la police, de la justice et de la politique, dans une ambiance de pourriture morale généralisée.
Le roman se centre partiellement sur deux personnages, fort contrastés : D’un côté, Carlos Herrera, une nouvelle incarnation de Jacques Collin (Vautrin), personnage phare de la comédie humaine, qu’on suit depuis ‘Le père Goriot’ et on a vu attendre les sommets dans ‘Les illusions perdues’, grâce à ses manigances et son coté double et fourbu. Le parcours magouilleur du personnage continue dans ce roman, ses plans machiavéliques toujours en cours, mais ici Balzac l’adoucit d’un teint plus émotionnel, avec les sentiments paternels qu’il développe vis-à-vis de Lucien de Rubempré, le jeune provincial qui était monté à Paris pour réussir dans le milieu littéraire (voir «’Les illusions perdues’), et auquel il a sauvé de la déchéance finale.
Vautrin voit le jeune poète comme une espèce de fils héritier et il lui consacré sa fortune et tous ses efforts et machinations. Vautrin payera toutes les nombreuses dettes de Lucien et, de plus en plus dépendant de Vautrin, le jeune et ambitieux provincial tombera sous l’emprise de son protecteur. Certains lecteurs spéculent avec l’idée que Vautrin soit dévoué d’un amour vrai (même si platonique) pour le beau Lucien. C’est possible. Après tout, l’homosexualité, même si seulement suggérée, est déjà présente dans ce roman.
Un roman assez audacieux pour l’époque, où la panoplie des personnages de la marge et l’ambiance décadente du récit font cible. La description des mœurs troubles, autant de la haute société de l’Opéra comme des habitués des bas-fonds parisiens, est incroyablement réaliste. Un des meilleurs travaux de l’étape de maturité de Balzac. Le roman se tient indépendamment, mais c’est fort recommandable de le lire de préférence juste après ou peu après ‘Les illusions perdues’.
Citation :
« On s’habitue à voir faire le mal, à le laisser passer ; on commence par l’approuver, on finit par le commettre. »








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