(1867)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Hébergée et élevée par sa tante, Thérèse arrive à maturité et devra se marier avec Camille, le fils de sa tante. Tout est prévu depuis l’enfance, sauf que Thérèse ne peut plus souffrir son cousin, cet homme faible et maladif avec lequel elle finit quand même par se marier. La maison et la mercerie attenante dans laquelle les femmes travaillent étouffe Thérèse, qui se sent enterrée en vie. Elle trouvera dans une des visites, le charmeur Laurent, l’échappatoire désirée. Le couple d’amants clandestins, souhaitant se débarrasser du mari de Thérèse, avance vers un destin sombre.
Un trio malsain :
Avec seulement deux romans publiés et son expérience de journaliste, ‘Thérèse Raquin’ est le premier grand roman de Zola, un de ses grand chefs d’œuvre. Écrit à 26 ans, avant d’entamer sa série des Rougon-Macquart, il présente les bases de son style sensuel et scabreux, en toute maturité et maîtrise. Un franc succès et un grand scandale sont au rendez-vous, comme pour la plupart de ses romans postérieurs. La critique ne ménage pas les attaques contre ce roman très noir et glaçant, un de plus sombres de l’auteur, l’accusant de susciter des intérêts morbides, appeler à la curiosité malsaine, et faire apologie des basses passions. Rien n’y fait, le publique est conquis.
La passion du couple Thérèse et Laurent est sauvage et décharné, très physique, presque animale. En contraste, son cousin/mari Camille, chétif et faible, semble appartenir à un autre univers, beaucoup plus coincé et convenu. Je ne peux pas trop développer les enjeux de ce livre car je ne veux pas spoiler et, en tout cas, j’aimerais que vous lisiez ce roman sans connaitre ces rebondissements et développements à l’avance. Le thème des regrets est au centre, la culpabilité prendra des formes étranges, lugubres. Le couple d’amants deviendra un trio, car un troisième personnage va s’incruster : Camille, le mari de Thérèse.
Une ambiance très glauque domine ce récit, avec des séquences d’une incroyable noirceur, très souvent puisant dans le grand-guignolesque et le fantastique. À la croisée d’Allan Poe et Dostoïevski, (‘Crime et Châtiment’ traitant aussi le sujet de la culpabilité et les remords, fut publié en édition complète juste la même année), ‘Thérèse Raquin’ est une violente claque, un roman qui marque et qui dérange dans son portrait impitoyable des faiblesses et misères des êtres humains.
Citation :
« Puis, d’un mouvement violent, Laurent se baissa et prit la jeune femme contre sa poitrine. Il lui renversa la tête, lui écrasant les lèvres sous les siennes. Elle eut un mouvement de révolte, sauvage, emportée, et, tout d’un coup, elle s’abandonna, glissant par terre, sur le carreau. Ils n’échangèrent pas une seule parole. L’acte fut silencieux et brutal. »








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