(1927)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte cette pièce de théâtre :
Topaze, maître d’école consciencieux et honnête, est amoureux de la maîtresse Ernestine Muche, fille du principal. Topaze refuse toujours de tomber dans les petits arrangements qui se font autour de lui, jusqu’à qu’un jour une femme mystérieuse lui propose une étrange affaire chez un conseiller municipal, dans lequel il pourrait gagner de l’argent facile sans faire aucun effort. Le naïf Topaze ne voit rien de louche mais sera bientôt rattrapé par la réalité…
Naïveté et corruption :
Avant les succès plus connus de ‘Marius’, Fanny’ et ‘César’, Pagnol présenta ‘Topaze’ en Allemagne en 1927 avant de sa première française en 1928. L’intrigue est complexe et riche en personnages et rebondissements, mais le sujet de base est simple : le dilemme entre l’honnêteté et la corruption. Avec sa proverbial mauvaise foi et son goût par le cynisme bon enfant, Pagnol présente un personnage assez naïf qui incarne la droiture, le faisant victime d’un complot qui fera vaciller son sens moral de façon simple et progressive. Topaze est aussi une victime facile de la séduction féminine, tombant presque systématiquement dans toutes les pièges qu’on lui tend.
Le début très comique de la pièce pourrait faire croire au lecteur/spectateur qu’il s’agit d’une comédie de mœurs facile, mais très vite, les choses vont commencer à se tordre. La mère d’un élève de Topaze veut faire un don au collège tout en suggérant que Topaze s’est trompé dans la correction du devoir de son fils, le cancre de l’école, et il devrait changer sa note de zéro. À partir de ce moment, l’ambivalence morale de la pièce prend le dessus de la narration, tout en restant fraiche et drôle. Puis l’apparition de la fascinante Suzy de la main de son amant le conseiller municipal Castel-Bénac, accentuent la dérision de tout ce qui touche à l’argent publique et à la politique, présentée comme un cirque où chacun pense qu’à soi. La corruption, les arrangements entre amis, l’appât du gain, tout cela semble normal et inévitable dans la pièce, tandis que l’honnêteté de Topaze apparaît comme ridicule et datée.
Rempli de séquences désopilantes, et de personnages loufoques et hauts-en-couleur comme à l’habitude de son auteur, ‘Topaze’ reste une pièce profonde et intelligente. Derrière son atmosphère très années 50 et son humour grinçant, se cache une narration riche en dilemmes moraux modernes et totalement d’actualité.
Citations :
« Quand on doit diriger des enfants ou des hommes, il faut de temps en temps commettre une belle injustice, bien nette, bien criante : c’est ça qui leur impose le plus ! »








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