(L’Emprise, 2014. Quinquennat, 2015. Ultime Partie, 2016)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte cette trilogie de romans :
Cette série trace l’ascension du politicien Philippe Launay, de l’aube des élections jusqu’à ses années de pouvoir, dans un univers corrompu où tout s’achète, et les manigances des grandes entreprises et de l’industrie sont monnaie courante. La série est composé de ces 3 romans :
‘L’emprise’ : Philippe Launay, favori à l’élection présidentielle est impliqué dans un sordide affaire d’espionnage industriel, lorsqu’un syndicaliste travaillant dans l’industrie nucléaire disparaît. Lorraine, qui travaille pour les services secrets, doit éclaircir l’affaire qui risque d’éclater en pleines élections.
‘Quinquennat’ : Launay fait un pacte avec son ennemi, Lubiak, pour pouvoir être élu et porter une réforme de la constitution. En parallèle, il essayera de s’en débarrasser de l’emprise que les services secrets américains ont sur lui.
‘Ultime partie’ : Le duel entre Launay et Lubiak atteint son paroxysme lors de la réforme de la constitution. Les manigances d’espionnage autour de la politique se compliquent davantage.
House of Cards à la française :
Narration simple et efficace comme à son habitude, même si le résultat cette fois n’est pas à l’auteur des meilleurs livres de son auteur. Beaucoup trop de personnages, intéressants sans doute, mais qui apparaissent et disparaissent du récit sans que leur propos soit vraiment clair. Parfois, il semblerait qu’on est plus dans la lecture d’un scénario d’une série TV style « Baron Noir », tellement les évènements semblent se dérouler en vue à une saison 2 dont on ne connait pas encore les enjeux.
Problèmes structurels donc pour cette trilogie qui a une claire manque d’objectif et direction qui puisse nous organiser ce bon chaos. Dommage car l’ambiance et les personnages avaient beaucoup des possibilités. Le seul vrai protagoniste, à part la pourriture morale générale, serait Launay, personnage sans empathie et peu attirant, qui deviendra plus intéressant au fur et à mesure qu’on rajoute des calques : Sa femme, sa fille, son psychiatre.
Le parti-pris global est simple : Ils sont tous pourris. Et franchement on n’a pas de mal à le croire. La politique corrompue jusqu’à l’os, des industries qui font et défont à leur convenance, espionnage avec des procédés troubles, des illégalités cachées sous des infinis arrangements entre amis, et des journalistes qu’on n’hésite pas à éliminer s’ils ne se plient pas à la version officielle des affaires. Voilà ce qui plonge ce roman dans un ton sombre et glaçant.
Cette série de 3 livres est efficace et bien écrite (J’ai lu les trois volets), mais elle rassemble de moins en moins de lecteurs, peut-être fatigués de tout ce cynisme qui avait l’air d’aller nulle part. C’est bien dommage car le meilleur tome est sans doute le tout dernier, celui qui présente plus d’acuité et travail d’introspection psychologique et une structure plus claire. Cela aurait peut-être marché mieux dans un seul volume plus court ? En tout cas, on reste sur notre faim d’un Marc Dugain avec moins de scénario télé et plus d’envergure littéraire.
Citation :
« … il s’autorisa à penser qu’il allait arrêter, laisser tomber cette mascarade. De l’avoir envisagé le soulagea. Il pensa à la mort, ce cadeau qui vient avec la naissance. Il pensa que l’essence du mensonge, « la seule grande histoire d’amour de l’être humain », venait de là, de cette nécessité de se mentir à soi-même sur le sens et la fin, pour rendre le reste supportable. »








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