(2000)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte cette pièce de théâtre :
L’astrophysicien Henri convoite un poste de directeur de ressources que lui permettrait de progresser auprès de la communauté scientifique. C’est pour cela que lui et sa femme Sonia invitent son prestigieux collègue Hubert, un scientifique ampoulé qui pourrait influencer l’avenir professionnel d’Henri. Sauf qu’Hubert et sa femme Inès se présentent un jour avant la soirée prévue. Henri et Sonia ont seulement quelques apéricubes et quelques fingers à offrir à ses invités et, pour finir d’arranger les choses, l’enfant de six ans du couple s’est proposé de pourrir la soirée de ses parents et leurs invités à coup de caprices.
Préquelle de ‘Le dieux du carnage’ :
Dans ‘Trois versions de la vie’, six années avant ‘Le dieu du carnage’, la dramaturge Yasmine Reza avait déjà réuni deux couples dans un séjour pour les faire s’entredéchirer à petit feu. Dans les deux pièces la progression est similaire : on commence avec une politesse tendue d’hypocrisie, puis petit à petit les verrous explosent et le vitriol et la mauvaise fois s’installent, pourrissant les relations autant entre les couples que à l’intérieur de chaque couple.
Dans ‘Trois versions de la vie’, au milieu de la confusion crée par l’erreur de base dans l’invitation (qu’on ne sera jamais sûr à qui est attribuable), les ressentiments entre les couples seront saupoudrés des échanges sur astrophysique, sur les collants filés d’Ines, ou sur la mauvaise éducation des enfants, avec, en toile de fond, le jeu du pouvoir. Les répliques fusent, c’est bien ficelé, bien écrit. Et bien bien bien grinçant.
La narration se divise en trois parties, trois instants différents qui narrent la même scène et avec les mêmes personnages, mais dans lesquelles les choses ne se produisent pas de la même façon. J’ai lu quelques critiques qui soutenaient l’idée que les personnages étaient différents dans les trois parties, alors que à mon avis ils sont foncièrement les mêmes, sauf que certains évènements se sont déroulés de façon légèrement différente et l’action prend des directions opposées. Pour moi c’est les mêmes personnages, le même jour et au même endroit, mais dans un schéma narratif diffèrent.
Les différences entre les trois scénettes sont souvent subtiles, mais l’idée de comparer les trois versions est de souligner un rapport de dominance diffèrent à chaque fois et à chaque moment. C’est comme un combat de personnalités dans lequel n’importe qui peut se positionner au-dessus des autres, ou, au contraire, prendre une attitude de soumission.
Son humour vitriolique est vraiment glacial par moments, mais bien menée la pièce peut être totalement hilarante.
Citations :
« Avec vous seulement, mon mari se fout des formes en temps ordinaire, sauf avec vous. Avec Hubert Finidori mon mari adopte un ton finidorien, se voûte et veut qu’on s’habille. »








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