(The quiet american, 1955)
Traduction : Marcelle Sibon. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Saïgon (Actuel Hô Chi Minh), Vietnam, 1952. Le journaliste Thomas Fowler, blasé, cynique et un peu sur le retour, couvre la guerre d’Indochine, alors sur le domaine français, mais en proie à des révoltes communistes indépendantistes. L’arrivé du jeune américain Alden Pyle, soi-disant dans une mission médicale, va chambouler la relation entre le vétéran Fowler et son amant, la vietnamienne Phuong. Pyle tombera amoureux de Phuong et Fowler découvrira les vraies raisons de la présence de Pyle à Saigon, pendant que les évènements de la guerre d’Indochine accentuent tous ces conflits.
Espionnage et Triangle amoureux en milieu exotique :
Le roman commence avec la découverte du cadavre du Pyle, et Fowler sera suspecté d’être son assassin. À partir d’ici on ouvrira un long flashback qui nous racontera toute l’histoire.
Le contraste entre les deux personnalités des deux hommes fait mouche. L’Angleterre contre les États-Unis, le vétéran cynique contre le jeune candide qui cache des choses. Au milieu, la position ambivalente et étrange de Phuong est la partie plus insaisissable du roman, et c’est justement ce qui fait fonctionner ce triangle, on sait bien ce que ces deux hommes pensent mais on sait peu sur la femme.
Pyle, mine de rien, va quand même voler sa maîtresse à Fowler presque sans sourciller. Tranquille, aucun sentiment de culpabilité ni d’états d’âme, et avec l’idée quand même de que cela ne devrait perturber leur amitié. Fowler en revanche, rage intérieurement, malgré sa carapace cynique, car il voit qu’il peut perdre Phuong, et il supporte de moins en moins le côté désinvolte de l’américain, d’autant plus que progressivement il prend conscience des activités doubles de Pyle. Le conflit s’accélère et s’immisce avec les évènements de la guerre. Et on sait que tout cela finit sur l’assassinat de Pyle…
Le rôle sournois et louche de la CIA dans la guerre est bien souligné par Greene, qui avait travaillé pour le Foreign Office anglais et probablement voulait faire quelques points sur le côté sombre de la toute-puissante Amérique.
Très bon roman d’espionnage en temps de guerre, avec un côté romantique et exotique, qui touche pleins de sujets : L’amitié, la jalousie et les rapports entre l’Amérique et l’Angleterre. Tout avec la solidité habituelle de Greene, mais peut être sans le génie de ses meilleurs romans.
Citation :
« Nous les avons élevés suivant nos idées à nous. Nous leur avons enseigné des jeux dangereux, et c’est pourquoi nous sommes ici à attendre, à attendre qu’on nous coupe la gorge. Nous méritons qu’on nous la coupe. »








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