(A single man, 1964)
Traduction : Léo Dilé. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Los Angeles. George Falconer est un professeur de littérature dont sa vie a été ruinée par la mort de son compagnon. Lors d’une seule journée, du réveil au coucher, on va suivre cet homme paisible, gris, seul, un peu écarté de la réalité, qui n’arrive pas à s’intéresser à rien de ce qui l’entoure. Les rencontres quotidiennes avec ses amis et voisins semblent passer à travers son être, seulement capable de rester poli ; jusqu’à que l’apparition de Kenny, un étudiant, bouleverse sa journée et peut-être sa vie.
Traité de solitude :
George est face à un vide profond, suite à la mort de son compagnon Jim, quelques mois auparavant. Sans lui, il est égaré. Ce qui était un quotidien paisible et heureux à deux, lui semble maintenant pesant et indiffèrent sans Jim. Privé de son ancrage à la société qui l’entoure, sa vie est maintenant futile et banale. Il se limite à aller d’un point A au point B, sans réussir à s’impliquer dans son quotidien. Avec lucidité, George réfléchit sur la singularité de sa situation : un homme britannique homosexuel, seul et âgé, entouré d’un monde californien de jeunesse et sociabilité, duquel il se sent à des milliers d’année lumière de distance. Visiblement il y a un côté autobiographique, Isherwood étant un homosexuel britannique, expatrié aux États-Unis, souvent confronté à sa condition d’être différent, étranger.
Merveilleuse structure en toute simplicité : Il s’agit d’une seule journée dans la vie d’un homme qui a perdu le goût de la vie, et dont les différentes rencontres de la journée vont lui faire voir sa vie sous différentes optiques.
La solitude, traitée avec un certain humour pessimiste, est le sujet principal de ce merveilleux roman, mélancolique, fin et élégant à souhait, d’une grâce crépusculaire. L’être aimé et perdu, à peine mentionné, est omniprésent malgré son absence. On sent l’influence de son mentor E.M.Forster, avec lequel il partage le exquis sens de la tristesse. Notamment dans ‘Maurice’, le roman posthume de Forster, que Isherwood fit publier à la mort de son auteur.
Adapté au cinéma avec classe et subtilité, le film ‘A single man’, réalisé par Tom Ford en 2009, avec Colin Firth dans le rôle principale, et porté par la fabuleuse musique mélancolique d’Abel Korzeniowski, est un bon complément du roman car il maintient le même ton triste et crépusculaire.
Citation :
« … l’accablante fatigue de la tristesse s’est abattue sur lui. »








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