(1947)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Dans le paysage enneigé d’un rude hiver provençal, un mystérieux inconnu assassine les unes après les autres un nombre croissant de victimes. La traque est lancée mais l’enquête n’arrive pas à avancer. Les cadavres continuent à s’entasser, jusqu’à qu’un coup de chance permette de faire avancer l’enquête. Le gendarme Langlois, qui n’avait pas réussi à attraper le meurtrier est chargé de le mener en prison.
Réflexion énigmatique sur la nature du mal :
Comme d’habitude chez Giono, son style riche et relevé se mélange ici avec le mystérieux et l’insaisissable. Le récit se structure à travers les points de vue différent des villageois, le seul point de vue manquant sera celui de Langlois. Les intentions du Langlois resteront floues et son portrait restera volontairement inachevé. Ce parti-pris très original fera un roman encore plus indéchiffrable que d’habitude chez Giono. Avec sa réflexion très poussé et subtile sur la bête qui sommeille dans chacun de nous, ce livre profond peut dérouter ceux qui s’attendent à une sorte de polar provençal, ou seraient intéressés par une avancée conventionnelle de l’enquête. Ce n’est pas du tout le sujet ici. Ceux qui s’attendent à quelque chose dans la ligne de la passion champêtre de ‘Regain’ ou d’autres œuvres plus lumineuses de Giono, ils seront aussi déçus, ‘Un roi sans divertissent’ c’est noir, noir, noir. C’est un livre abouti et captivant mais dense, pessimiste, pas facile à lire, et peut-être pas pour tout le monde. J’attends une deuxième lecture que, j’en suis certain, me donnera beaucoup plus de clés pour saisir les sens cachés de cette singulière pièce de littérature. ‘Un roi sans divertissement’ fut écrit en 1946 mais il ne fut publié jusqu’à l’année suivante car l ‘Union des Écrivains français, issue de la Résistance, propitia son interdiction en suggérant que Giono avait collaboré avec les nazis durant l’occupation. Giono fut blanchi de ces accusations et finalement le roman vit le jour en 1947. Roman très particulier, avec des airs un peu existentialistes, rempli de situations qui frôlent l’absurde et l’onirique, mais que dégrainent de façon fascinante la pensée intérieure de l’être humain avec toutes ses zones d’ombre.
Citation :
« J’ai vécu, moi. J’en ai vu des vertes et des pas mûres. Je sais que tout irait sur des roulettes, s’il y avait des roulettes. Mais il n’y a pas de roulettes. À l’endroit où il devrait y avoir des roulettes il y a des boulons. »








0 Comments