(1878)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
La veuve Hélène Grandjean, vit à Passy, dans un bâtiment qui donne sur les toits de Paris, avec sa fille Jeanne. L’enfant est fragile et le docteur Deberle, un voisin, va la traiter lors d’une urgence. Entre la veuve et le physicien, c’est le coup de foudre. Un amour que se déploiera au chevet de la fille malade, qui, très lucide et jalouse, n’hésitera pas à compliquer la situation pour ramener l’attention à elle.
Drame intimiste :
‘Une page d’amour’ est le huitième volume de la série Les Rougon-Macquart, sans doute le plus intimiste, celui dans lequel l’amour est présenté avec plus de lumière, avec moins de misère morale. C’est le grand roman des sentiments.
Il y a bien sûr, des empêchements à cet amour : La maladie de la fille, justement ce qui a permis cet amour d’exister, sera aussi l’obstacle majeur. Aussi, Hélène est l’incarnation de la femme droite et à morale inébranlable, donc le drame est servi. Dans ce roman il y a une compétition entre deux façons d’aimer : L’amour du couple et l’amour maternel. Qui sera le plus fort ? On est loin de la critique sociale de ‘Pot-bouille’ ou ‘Germinal’, ici on se concentre simplement sur les émotions de trois personnages, cloîtrés dans un triangle sans échappatoire.
Hélène est la fille d’Ursule Macquart (la branche intermédiaire des Rougon-Macquart, présentée dans ‘La fortune des Rougon’), et la sœur de Silvère (‘La Fortune Des Rougon’) et François (‘La Conquête de Plassans’). Jeanne, sa fille, sera celle qui affichera cette fameuse « tare » héréditaire des Rougon-Macquart. Jeanne, plus amorale mais plus lucide que sa mère, n’hésitera à exercer son emprise sur elle. La silhouette de Paris qui reste en contrebas de Passy, avec ses toits infinis, symbolisera cette barrière qu’Hélène n’arrive pas à franchir, cet univers de liberté dans lequel elle pourrait avoir une chance de vivre son amour (Voir citation).
Très beau roman assez méconnu, rempli de romantisme à souhait. C’est un Zola un peu plus léger, avec plus de douceur et du cœur, les amateurs de mélodrame apprécieront. Si vous cherchez le Zola sombre et grand-guignolesque de ‘L’assommoir’ ou ‘La bête humaine’, évitez. Moi, j’ai la chance d’aimer tout !
Citation :
« Alors, elles continuèrent à regarder Paris, sans chercher davantage à le connaître. Cela était très-doux, de l’avoir là et de l’ignorer. Il restait l’infini et l’inconnu. C’était comme si elles se fussent arrêtées au seuil d’un monde, dont elles avaient l’éternel spectacle, en refusant d’y descendre. Souvent, Paris les inquiétait, lorsqu’il leur envoyait des haleines chaudes et troublantes. Mais, ce matin-là, il avait une gaieté et une innocence d’enfant, son mystère ne leur soufflait que de la tendresse à la face. »








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