(1967)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Après le naufrage du bateau La Virginie, Robinson Crusoe se retrouve sur une île déserte avec par seule compagnie son chien Tenn. Abandonné à une vie de survie sans dignité, Robinson sombre dans une déchéance presque animale. Après traverser plusieurs étapes, sa vie changera lorsqu’il sauvera un indien d’une mort certaine. Il l’appellera vendredi.
Robinson revisité :
‘Vendredi ou les limbes du Pacifique’ nous offre une revisitation philosophique du classique de Daniel Defoe, tout en développant plus les implications de sa vie intime et la solitude qui l’assaillit. Face à face qu’avec lui-même, Robinson traversera plusieurs étapes bien tranchées. Je ne veux pas trop spoiler, malgré que celui-là n’est pas vraiment un roman à intrigue, donc je m’attacherai seulement au deux premières phases, présentation du dilemme philosophique du naufragé.
Dans la première période, Robinson est en proie au désespoir et la solitude. Il se laisse aller, abandonnant son côté humain, dans une dérive animale. Rempli de crasse et abandonné dans un état sauvage et dépourvu de toute dignité, Robinson touche le fond.
Dans une deuxième étape, Robinson se propose de reconquérir son humanité et instaure une série de normes sociales parfois délirantes, des horaires, cérémonies et hiérarchies de tout genre, dans le but de reconstruire une société constituée d’un seul individu.
Sa dignité récupérée, malgré le ridicule de cette obsession pour le protocole, Robinson continue sa quête des certitudes que lui permettent d’avancer. Robinson entrera en connexion avec l’île, et réfléchira à son statut d’ambassadeur, comme seul représentant de la race humaine. Les périodes sociétale, tellurique, végétale et d’autres s’enchainent jusqu’à l’apparition de Vendredi (assez tardive, malgré le titre). Le considérant comme un sauvage à éduquer au début, leur relation évoluera de façon inattendue. La présence de Vendredi viendra compléter toutes les réflexions philosophiques qui avaient taraudé Robinson lors de sa solitude.
L’obsession de Robinson pour installer un semblant de société occidentale contraste avec les côtés sombres de cette même société. Un roman très intéressant et facile à lire, par la simplicité de ses postulats philosophiques, et la structure très organisée du récit. Il existe une version adaptée pour enfants de ce texte, appelé « Vendredi ou la vie sauvage ».
Grand prix du roman de l’Académie française 1967.
Citation :
« Il lui semblait soudain s’être à demi arraché à l’abîme de bestialité où il avait sombré et faire sa rentrée dans le monde de l’esprit en accomplissant cet acte sacré : écrire. »








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