(Villette, 1853)
Traduction : Albine Loisy, Brian Telford. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Après quelques revers économiques soufferts par sa famille, la jeune Lucy Snowe embarque vers le continent. À son arrive à Villette (ville qu’on peut associer à Bruxelles), elle se propose de travailler dans l’enseignement. Sans connaître le français, elle réussit à se faire engager dans le pensionnat tenu par l’extravagant M. Paul. L’anglaise se trouvera désorientée, hors de tout repère connu. Différents aventures et romances se déroulent dans ce milieu étrange pour elle.
Le professeur 4* – Villette 3* :
L’expérience de Charlote Brontë avec sa sœur Emily lors de leur séjour à Bruxelles, est la base autobiographique ici, de la même façon qui le fut pour son premier roman ‘Le professeur’ (publié posthumément deux ans après la mort de l’écrivaine), qui est souvent considéré un peu comme une ébauche préparatoire de ‘Villette’.
Sauf que personnellement, et contrairement à l’avis général, je préfère la version précédente. ‘Villette’ est un très beau roman, mais à mon avis moins profond que ‘The professor’, et cela est dû en grand partie à sa protagoniste principale. Le parti pris est le même dans les deux romans, un professeur anglais un peu coincé et donneur de leçons morales, découvre un monde différent en déménageant en Belgique pour donner des cours à des élèves chaotiques, passionnés et peu civilisés.
Dans les deux cas le personnage est inspiré de Charlotte Brontë elle-même. Sauf que William dans ‘Le Professeur’ a un regard plus précis, et le portrait des mœurs et le contraste entre le Royaume-Uni et le continent est salué avec plus de réflexion. Lucy Snowe est une fille très coincée et puritaine, sans aucun deuxième dégrée. Elle n’arrête pas de donner de leçons morales et de porter des jugements. Son ego surdimensionné l’empêchera de tirer des conséquences de rien de ce qui lui arrive. Aveuglée par ses préjugés, elle sera toujours surprise par les côtés positifs des personnes qui l’entourent.
Le portrait des mœurs est très intéressant et voir les certitudes de Lucy ébranlées à chaque choc culturel c’est quand même drôle. Le protestantisme de Lucy fait face aussi au catholicisme de son nouvel environnement. Il y a une réflexion très intéressante sur la solitude, et la sensation d’isolement qu’on vit lors d’un changement de pays est très réussie.
Citation :
« … il n’y avait jamais eu d’atomes crochus entre eux, ils ne parvenaient pas à sympathiser, ils se rebellaient tous deux dès qu’ils entraient en contact -lui la trouvait parfaitement nulle et elle, de son côté, estimait que c’était un ours, trop curieux, qui se mêlait de tout, chose qu’elle détestait. »








0 Comments