(1931)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Argentine, dans les débuts de l’aviation commerciale. Rivière est le chef de la compagnie aéropostale et mène de façon impitoyable son équipe de pilotes, avec l’intention de prouver que l’avion est le moyen le plus rapide et fiable pour la distribution du courrier. Pour ce faire, il installe des rotations nocturnes pour ces pilotes, les vols de nuit, efficaces mais très dangereux. Son jeune pilote Fabien, rentre de Patagonie vers Buenos Aires, quand il se retrouve au milieu d’une épouvantable tempête.
Le courrier, c’est sacré :
Ce magnifique récit a bien sûr pas mal d’accents autobiographiques, car Saint-Exupéry fut pilote pour l’Aéropostale, et cela fait son témoignage d’autant plus réaliste. Le courrier c’est sacré, quoiqu’il arrive il doit arriver à destination. Pour ça, Rivière s’entoure d’une équipe d’hommes dévoués et fidèles, qui s’adaptent à cette mission qui leur dépasse. Saint-Exupéry nous détaille la situation de ces pilotes pionniers et ces vols de nuit ou ils jouaient leur vie à chaque passage, pour la gloire de l’entreprise.
Les pilotes acceptent son sort et son rôle secondaire face au dieu courrier qu’il doivent distribuer coute qui coute. Entourés des montagnes Andines, ces vols de nuit sont de moments magiques où le pilote est face à lui-même.
Un court roman imbibé d’une certaine mélancolie et poésie, qui est à mon sens plus intéressant que ‘Le petit prince’, le roman phare de Saint-Exupéry. Lu deux fois à des moments très différents et distants de la vie, j’ai éprouvé la même sensation, j’ai été transporté par la magie de la nuit dans le ciel, la solitude du pilote Fabien, l’angoisse de sa femme, et le portrait de Rivière et son obsession pour l’entreprise qui passe avant tout.
Citation :
« Il errait parmi des étoiles accumulées avec la densité d’un trésor, dans un monde où rien d’autre, absolument rien d’autre que lui, Fabien, et son camarade, n’était vivant. Pareils à ces voleurs des villes fabuleuses, murés dans la chambre aux trésors dont ils ne sauront plus sortir. Parmi des pierreries glacées, ils errent, infiniment riches, mais condamnés. »








0 Comments