(Watership Down, 1972)
Traduction : Pierre Clinquart. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Dans la garenne de Sandleford tous les lapins vivent en parfaite harmonie jusqu’au jour où Fyveer fait un étrange rêve prémonitoire. Dans la vision du lapin voyant, la garenne serait complètement détruite dans une catastrophe inattendue, et il faudra rebâtir leur ville dans un autre endroit avant qu’il ne soit trop tard. Son frère Hazel croit à cette prémonition et propose la migration et l’abandon de la garenne, mais les deux lapins ont du mal à convaincre le maître et le reste de lapins. Hazel et Fyveer, accompagnés d’une dizaine de lapins, se mettent en route à la recherche d’un nouveau foyer pour la communauté. Leur voyage sera plein de dangers.
Épopée humaine :
À la différence de ’Animal Farm’ d’Orwell, ‘Wind in the willows’ de Grahame, ou d’autres romans-fables avec des animaux, ce récit animalier n’a pas vraiment de prétentions sociologiques marquées, ni critique politique caché. Le propre Richard Adams a toujours précisé que ce récit était seulement une aventure destinée à amuser les enfants de sa famille. Cependant le roman est profond et puissant dans toute sa simplicité. Les héros de ce groupe extraordinaire de lapins ont bien entendu des caractères humains, mais mis à part cela, le réalisme de leur vie animale est total. La métaphore sociologique existe mais cette réflexion n’est pas poussée ni centrale, le roman peut se lire vraiment comme un simple livre d’aventures. Et c’est dans ce sens qu’il trouve son succès, car les nombreux rebondissements, dangers et situations complexes dans lesquels nos lapins se sont embarqués, s’enchainent avec un rythme trépidant, soutenu et totalement maitrisé.
Les lapins ont des caractères bien marqués : Le protagoniste Hazel est le héros malgré lui, à reculons il devient le leader qui n’a jamais voulu être, et il finit par s’habituer à prendre des décisions, toujours en écoutant les autres. À ses côtés on trouve le costaud et courageux Bigwig, et le visionnaire mais fragile Fyveer, l’intelligent et malin Blueberry, le barde Bluebell, et encore d’autres personnages, comme l’oiseaux Kehaar ou la biche Hyzenthlay, qui vont participer dans l’aventure des exilés.
Lors de la migration du petit groupe de lapins, ils vont faire la rencontre d’autres communautés, qui donnent un aperçu général des différentes façons de vivre en société : Une garenne vivra confortablement avec beaucoup de nourriture, mais asservie en esclavage comme à aliment pour les humains, une autre vit dans une société totalitaire sous le joug d’un lapin dictateur. Puis la manque de femelles, va mettre le petit groupe face au dilemme de la survie de leur colonie, et les pousser dans la recherche des hases.
Les aventures des lapins sont entrelacées avec certains chapitres qui nous parlent des héros et de la mythologie de l’univers lapin. Sous la forme d’un récit d’aventures tout publique, ce roman d’apprentissage traite thèmes majeurs comme le déracinement, la justice et le fascisme. Magnifique lecture.
Citation :
« Les bêtes (…) ne se comportent pas comme les hommes. S’il faut se battre, elles se battent ; s’il faut tuer, elles tuent. Elles ne passent pas leur temps à inventer des moyens d’empoisonner l’existence des autres créatures ou de leur faire du mal. Elles sont pétries de bestialité et de dignité. »








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